Rome: L’analyse du cardinal Kasper sur le document publié mardi par le Vatican
A ses yeux, il est «une invitation urgente au dialogue»
Rome, 11 juillet 2007 (Apic) Le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant «certains aspects de la doctrine sur l’Eglise», publié le 10 juillet, est une invitation «urgente au dialogue», a estimé le cardinal Walter Kasper. Les propos du cardinal tranchent avec les critiques parfois acerbes des protestants, qui se déclarent «consternés» par la publication de ce document.
Des critiques du reste reprises par l’Eglise copte-orthodoxe d’Egypte. Selon elle, de telles attisent les tensions». Sur les ondes de Radio Vatican, le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a aussi cherché à clarifier mercredi, face aux critiques essentiellement protestantes, la position soutenue par le Vatican.
Selon lui, ce document «est une invitation urgente à continuer un dialogue serein». Pour le cardinal Kasper, il est important de ne pas «survoler ce que la déclaration affirme de manière positive concernant les Eglises protestantes». Dans le commentaire du document, la Congrégation pour la doctrine de la foi déclare que «lesdites communautés, de par les différents éléments de sanctification et de vérité qui sont présents en elles, ont sans aucun doute un caractère ecclésial et une valeur salvifique conséquente».
Ainsi, estime le cardinal, «la déclaration ne constitue pas une régression du progrès oecuménique (.) mais nous engage à résoudre les engagements oecuméniques qui sont encore devant nous». Pour le cardinal allemand, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, «il n’existe pas de raison objective d’indignation ou de motif de se sentir rudoyé». «Chaque dialogue présuppose de faire la lumière sur les positions différentes».
Le cardinal Kasper estime ainsi que «si la présente déclaration expose clairement le profil catholique, qui malheureusement nous divise encore, cela ne limite pas le dialogue, mais au contraire le favorise».
Dans sa déclaration, le prélat a aussi estimé qu’une «seconde lecture plus sereine pourra montrer que le document n’affirme rien de nouveau, mais expose et explique, en un résumé synthétique, la position jusqu’alors soutenue par l’Eglise catholique».
Un concept d’Eglise et de ministère pas compatible
Le cardinal Kasper précise que «de fait, les Eglises évangéliques ne sont pas des Eglises dans le sens où l’entend l’Eglise catholique» car «elles privilégient un concept d’Eglise et de ministère qui (.) ne répond pas au concept propre des catholiques».
Aux yeux du cardinal allemand, la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi «ne fait rien d’autre que de mettre en évidence que nous utilisons le mot Eglise en lui attribuant une signification qui n’est pas pleinement égale» à celle des protestants.
Dans la cinquième question du document – ’Pourquoi les textes du Concile et du magistère postérieur n’attribuent-ils pas le titre d’Eglises aux communautés ecclésiales issues de la Réforme du 16e siècle ?’ – la Congrégation pour la doctrine de la foi souligne que, n’ayant pas «maintenu la succession apostolique ni conservé l’Eucharistie valide», ces communautés «ne sont pas des Eglises au sens propre», mais des «communautés ecclésiales, comme l’atteste l’enseignement conciliaire et post-conciliaire». «On ne voit pas comment on pourrait attribuer à ces communautés le titre d’Eglise, du moment qu’elles n’acceptent pas le concept théologique d’Eglise selon le sens catholique et du fait que leur font défaut des éléments considérés comme essentiels par l’Eglise catholique». (apic/imedia/ms/pr)



