Intervention devant les pères synodaux

Rome: L’archevêque de Rangoon dénonce l’oppression du régime birman

Rome, 12 octobre 2008 (Apic) Mgr Charles Maung Bo, archevêque de Rangoon (Yangon) en Birmanie a souligné les restrictions et les «défis opprimants» rencontrés par l’Eglise du Myanmar pour annoncer l’Evangile. L’archevêque salésien s’est exprimé lors de la 8e Congrégation du Synode des évêques sur la Parole de Dieu, qui se tient actuellement au Vatican.

En présence de Benoît XVI, l’archevêque de l’ancienne capitale birmane a en outre indiqué le 10 octobre 2008 que l’annonce de l’Evangile était «contesté par les forces des ténèbres».

«L’Eglise, dans notre partie du monde, proclame l’Evangile au milieu de lourdes restrictions, de privations et d’une véritable souffrance», a ainsi témoigné l’archevêque de Yangon. Evoquant la diffusion et la transmission de la Parole de Dieu, le prélat a indiqué que celle-ci se réalisait, dans le monde libre, par la proclamation, l’annonce publique, mais que, dans de nombreuses parties du monde, la mission de l’Eglise, la Bonne Nouvelle (l’Evangile, ndlr), «est confrontée à des défis opprimants». Le devoir de l’Eglise d’annoncer la Bonne Nouvelle, a encore affirmé Mgr Charles Maung Bo, «est contesté par les forces des ténèbres».

L’archevêque de Rangoon n’a pas directement évoqué les manifestations des moines bouddhistes violement réprimées par le régime birman, en septembre 2007. Il a cependant évoqué les conséquences du cyclone Nargis qui, en mai 2008, a dévasté le delta de l’Irrawaddy sur la côte sud-ouest du Myanmar, et a causé la mort de près de 150’000 personnes et provoqué deux millions de réfugiés. Dans un premier temps, aucune ONG n’avait été autorisée à pénétrer en territoire birman.

«La nation était en deuil», a ainsi expliqué l’évêque, et les églises sont devenues des camps de réfugiés. «Dans ces camps, nous avons célébré une liturgie unique: celle d’annoncer la Parole au travers de notre accompagnement et de partager le pain au travers de l’assistance», a encore indiqué Mgr Bo avant d’affirmer que «l’Evangile annoncé a été la nourriture donnée aux affamés».

La Birmanie (ou Myanmar), compte 85 % de bouddhistes, près de 6 % de musulmans et quelque 4 % de chrétiens, dont un quart de catholiques. La législation birmane oblige les confessions religieuses à être enregistrées pour pouvoir exercer leurs activités. Celles-ci sont théoriquement libres. Dans les faits, explique l’association «Aide à l’Eglise en détresse» (AED), le gouvernement birman pratique une politique sévère de discrimination religieuse. Le bouddhisme est de facto la religion d’Etat. Le gouvernement favorise ouvertement les bouddhistes et restreint les activités des Eglises chrétiennes et des communautés musulmanes. Il est très difficile d’obtenir des permis de construire des églises ou des mosquées. Les missionnaires sont interdits. (apic/imedia/ami/be)

12 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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