Le cardinal Tarcisio Bertone dénonce la folie

Rome: L’assassinat de chrétiens en Turquie est le geste fou d’une minorité fanatique

Rome, 20 avril 2007 (Apic) «Je crois que tout le peuple turc a déploré ce geste fou, fruit d’une minorité fanatique», a déclaré le cardinal Tarcisio Bertone, dans la soirée du 19 avril, à propos de l’assassinat de trois chrétiens, la veille, en Turquie. Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège était interrogé par quelques journalistes à l’issue d’une intervention sur «Benoît XVI, Evangile et jeunes: du mythe à la réalité», prononcée à l’occasion d’une soirée culturelle organisée par la pastorale universitaire de Rome pour le 2e anniversaire de l’élection du pape.

«Considérant le monde de la communication auquel les jeunes sont si sensibles, il faut se demander si la résurrection du Christ est aujourd’hui vue comme une nouvelle à communiquer et à défendre, comme lorsqu’elle fut diffusée après la crucifixion, ce qui bouleversa tellement Jérusalem qu’on essaya de l’étouffer dans le sang», s’est interrogé le cardinal Bertone. «Ou si elle n’est pas considérée comme une espèce de mythe répété d’année en année».

La réponse est donnée par les innombrables martyrs chrétiens qui aujourd’hui aussi, notamment en Turquie, continuent à mourir et à vivre pour la véracité de cette nouvelle, a-t-il expliqué.

Interrogé plus précisément sur l’assassinat des trois chrétiens en Turquie, le 18 avril dernier, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a estimé qu’il y a encore des martyrs, malheureusement aussi à notre époque. «Je crois que tout le peuple turc a déploré ce geste fou, fruit d’une minorité fanatique», a-t-il poursuivi. Mais «que le petit troupeau des chrétiens de la Turquie est retourné à la joie et à l’enthousiasme de vivre et de donner son témoignage de Jésus-Christ». Et d’ajouter: «nous devons ne pas disperser les fruits de la visite du pape en Turquie qui a mené vraiment à un rapprochement et à un effort de connaissance du christianisme de la part du grand peuple turc».

«Lisez le livre de Benoît XVI «

Dans son intervention, le cardinal Bertone a par ailleurs invité les jeunes «à lire Jésus de Nazareth», le premier livre du pape. Benoît XVI a bien sûr commencé à écrire la deuxième partie, a-t-il confié. Mais sa publication n’est pas pour maintenant, car le pape est «un ciseleur des contenus qu’il approfondit, sur lesquels il médite et il prie, mais aussi de la langue», a-t-il expliqué. «C’est un rituel qu’il faisait aussi en tant que professeur à l’université». Le pape communique des contenus vitaux, il «écoute en silence et met à l’aise ses interlocuteurs, surtout les jeunes».

«Benoît XVI, avec son enseignement théologique, offert avec simplicité et discrétion, signe d’une stature intellectuelle authentique, nous accompagne dans ce chemin de foi qui ne craint pas la lumière de la raison, ni l’obscurité de l’opposition et de la persécution», a par ailleurs affirmé le numéro deux du Saint-Siège. «Chaque rencontre avec Benoît XVI est pour moi une école de théologie mise à jour, de synthèse limpide de la doctrine chrétienne, mais aussi une école de vie et de spiritualité», a-t-il encore confié.

Dans son discours, le cardinal Bertone a par ailleurs révélé que le pape avait écouté un mini-concert de la fanfare de la Garde suisse dans les jardins du Vatican, dans la soirée du 19 avril. Interrogé sur la jeunesse universitaire de Joseph Ratzinger, il a finalement expliqué que, sous le régime hitlérien, il avait dû entendre, avec «une participation dramatique», «certaines déclarations de jeunes contre l’homme, contre la dignité de l’homme». (apic/imédia/ar/js)

20 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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