Rome: L’athéisme est le «luxe des privilégiés»

Contre le slogan athée des bus londoniens

Rome, 13 avril 2009 (Apic) L’athéisme est le «luxe des privilégiés», a dénoncé le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, lors de la célébration de la Passion du Seigneur, au Vatican, le 10 avril 2009. Le religieux capucin, comme à l’habitude, a prononcé devant Benoît XVI, visiblement fatigué, l’homélie de cet office du Vendredi saint dans la basilique Saint-Pierre.

Evoquant les «défis actuels de la foi», le père capucin est ainsi revenu sur le slogan publicitaire apparu il y a quelques mois sur les bus de Londres (Royaume-Uni) et d’autres capitales européennes : «Dieu n’existe pas – Cessez donc de vous inquiéter et profitez de la vie». «Le message sous-jacent est que la foi en Dieu empêche de profiter de la vie, qu’elle est ennemie de la joie» et que, «sans foi, il y aurait davantage de bonheur dans le monde», a expliqué le père capucin.

«L’athéisme est un luxe que seuls les privilégiés de la vie peuvent se permettre, ceux qui ont tout eu, y compris la possibilité de se consacrer aux études et à la recherche», a alors prévenu le prédicateur de la Maison pontificale.

Le père Cantalamessa a d’ailleurs regretté que ce slogan ait aussi été lu «par des parents qui ont un enfant malade, par des personnes seules, ou qui ont perdu leur travail, par des exilés qui ont fui les horreurs de la guerre, par des personnes qui ont subi de graves injustices dans la vie». «J’essaie d’imaginer leur réaction en lisant ces paroles : «Dieu n’existe probablement pas : profite donc de la vie!» «Et avec quoi ?», s’est-il interrogé.

Pour le prédicateur de la Maison pontificale, la souffrance est «une expérience humaine universelle : dans cette vie, le plaisir et la douleur se succèdent». Il a alors cité en exemple «le recours à la drogue, l’abus de sexe, la violence meurtrière» qui «procurent l’ivresse du plaisir sur le moment, mais conduisent à la dissolution morale, et souvent aussi physique, de la personne».

«La souffrance reste certes un mystère pour tous, spécialement la souffrance des innocents, mais sans la foi en Dieu celle-ci devient immensément plus absurde», a poursuivi le père capucin, car «on lui enlève même son ultime espérance de rachat».

Finalement, le père capucin a estimé que l’on devait «presque remercier ceux qui ont promu cette campagne publicitaire». Ainsi, selon lui, «elle a servi davantage à la cause de Dieu que beaucoup de nos discours apologétiques. Elle a montré la pauvreté de ses raisons et a contribué à réveiller de nombreuses consciences endormies».

Par ailleurs, le père Cantalamessa a exhorté les fidèles à «prendre le péché au sérieux», à l’instar de saint Paul. «On n’en finit pas d’analyser la crise économique mondiale actuelle et ses causes, mais qui ose (…) parler de péché ? (…) Pourquoi autant de familles sur la paille, de masses de travailleurs sans travail, sinon à cause de la soif insatiable de profit de quelques-uns ?», s’est interrogé le prédicateur de la Maison pontificale. Il a alors comparé «l’élite financière et économique mondiale» à «une locomotive folle emporté dans une course effrénée, sans se soucier du reste du train resté à l’arrêt».

Au cours de cette célébration, Benoît XVI a présidé le rite de vénération de la croix du Christ. Après avoir montré la croix en bois aux fidèles, il a quitté les insignes de son pontificat : ses chaussures rouges, sa calotte blanche et sa chasuble. Il a alors embrassé les pieds de ce crucifix datant du pontificat de Léon XIII (1878-1903), suivi de nombreux cardinaux, évêques, prêtres, religieux et de rares fidèles laïcs.

Le pape a présidé cette célébration de la Passion du Seigneur entouré de très nombreux cardinaux et évêques. Après la communion, Benoît XVI devait quitter la basilique en silence. Dans la soirée, il devait ensuite se rendre au Colisée, au coeur de Rome, pour présider le Chemin de croix. (apic/imedia/cp/js)

13 avril 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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