Les hommes politiques inquiets de la tournure des événements

Rome: L’Eglise catholique d’Espagne attend la visite de Jean Paul II avec impatience

Antoine Soubrier, correspondant de l’Apic à Rome

Rome, 2 mai 2003 (Apic) A la veille de l’arrivée de Jean Paul II sur le territoire espagnol pour son 99e voyage apostolique international, les préparatifs s’accélèrent du côté de l’Eglise catholique. Côté politique, les polémiques concernant l’éventuelle récupération de cette visite durant la campagne électorale qui doit commencer trois jours plus tard, se font ressentir.

A quelques jours du début de la campagne électorale en vue d’élections municipales prévues le 25 mai, les partis de gauche comme de droite tentent de récupérer la visite du pape en leur faveur: d’un côté le premier ministre de droite José Maria Aznar, dont la popularité a nettement diminué pendant la guerre en Irak – en raison de sa position en faveur d’une attaque armée, alors que la majorité de la population était contre -, et d’un autre, la gauche, qui tente de profiter de la situation en se disant proche «du pape de la paix». Le parti de l’opposition, le PSOE, vient d’ailleurs de présenter un projet de loi pour remettre à Jean Paul II la croix d’Isabelle la Catholique, afin de le remercier pour son engagement. Un geste vivement critiqué par la droite comme une «volonté de récupération politique».

«L’Eglise craint la politisation de la visite du pape en période électorale», titrait El Mundo ces derniers jours. Inquiète d’une instrumentalisation de ce voyage, la Conférence épiscopale a dû rappeler que Jean Paul II «vient en Espagne pour une visite purement pastorale». En tant que chef d’Etat, il se doit cependant de rencontrer le chef du gouvernement. Et pour ne pas mécontenter l’opposition, une rencontre de courtoisie entre le pape et le leader de la gauche espagnole pourrait être organisée dimanche matin dans la sacristie avant la messe de canonisation.

Redynamiser l’Eglise locale

Alors que les inscriptions aux diverses cérémonies pontificales de ces prochains jours à Madrid continuent d’augmenter – 500’000 pour la rencontre avec les jeunes samedi soir et près d’un million pour la messe de canonisation le dimanche matin -, le diocèse de la capitale espagnole s’active pour que la visite du pape, qui ne durera qu’une trentaine d’heures, puisse avoir un maximum de conséquences dans la vie de l’Eglise locale mais aussi nationale.

«Les rues sont couvertes d’affiches annonçant la visite du pape», a affirmé a l’Apic un jeune Madrilène travaillant en Italie et tout juste de retour de vacances dans son pays natal. «Tous les journaux en parlent et il n’est pas rare d’entendre les gens dans la rue parler de cette visite». Pour ce jeune catholique, la venue de Jean Paul II en Espagne, la cinquième depuis son élection sur le siège de Pierre, «semble déjà avoir des conséquences positives sur la participation des catholiques à la vie de l’Eglise».

Baisse des vocations et de la pratique

Bien que 94% des Espagnols soient catholiques, les vocations religieuses ainsi que la fréquentation des églises suivent depuis une dizaine d’années une baisse constante et jugée «inquiétante» par l’épiscopat. «La visite du pape veut freiner le nombre décroissant de fidèles», reconnaît lui-même le quotidien espagnol de gauche El Siglo, dans son édition du 28 avril.

Afin de profiter au maximum de l’opportunité de la visite du souverain pontife dans leur pays, les évêques espagnols ont largement consacré leurs dernières semaines de travail à préparer l’opinion publique. Plusieurs messages adressés aux prêtres, aux jeunes et aux Espagnols en général ont été publiés et le site Internet officiel de l’événement est quotidiennement remis à jour. Par ailleurs, des cérémonies de préparation à l’événement sont déjà organisées depuis le 1er mai, à Madrid principalement. (apic/imedia/bb)

2 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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