Mais elle rejette ses formes radicales
Rome: L’Eglise catholique précise qu’elle ne condamne pas le féminisme en bloc
Rome, 21 septembre 2004 (Apic) L’Eglise catholique ne condamne pas le féminisme en bloc car il a permis de reconnaître la dignité de la femme et son égalité avec l’homme. Toutefois, face à ses formes radicales, elle ne peut que réaffirmer «l’anthropologie juste» et condamner sa définition des genres, souligne la «Civiltà Cattolica» du 18 septembre.
L’article intitulé ’La femme dans la société et dans l’Eglise» reprend le document publié le 31 juillet dernier sur ce thème par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
«L’Eglise ne condamne pas le féminisme en bloc, parce qu’elle reconnaît que malgré ses erreurs et ses exagérations, il a permis la reconnaissance de la dignité de la femme et son égalité avec l’homme, mais dans la diversité sexuelle et psychologique», affirment les jésuites dans leur revue relue par la Secrétairerie d’Etat du Vatican. Pour eux, le féminisme a en effet permis de «dépasser les discriminations injustes trouvant leur justification dans l’infériorité de nature de la femme» mais qui, en réalité, étaient «imposées par l’égoïsme et l’arrogance de l’homme».
Cependant «devant certaines formes radicales de féminisme qui, pour affirmer l’égalité entre homme et femme, nient leur spécificité sexuelle et, de ce fait, leur différence fondamentale, l’Eglise ne peut pas ne pas réaffirmer l’anthropologie juste», peut-on encore lire dans la revue italienne. L’article cite parmi «ces formes radicales» la théorie du genre, soutenue notamment par Judith Butler, une féministe américaine, dans son ouvrage «Le problème du genre. Le féminisme et la subversion de l’identité», publié en 1990.
Les «cinq genres» de Judith Butler
Selon cette idéologie, l’être homme ou femme n’est pas déterminé par le sexe, mais par la culture. Pour ses défenseurs, «la culture libère la personne de son déterminisme bio-physiologique, faisant place au libre choix d’être homme ou femme ou de se comporter alternativement comme homme ou comme femme», explique la revue. Pour eux, il existe donc cinq genres: masculin, féminin, homosexuel, bisexuel et transexuel.
Si l’Eglise rappelle «l’anthropologie juste» telle qu’elle est révélée dans la Bible, c’est pour «sauver ensemble la dignité personnelle de la femme et son égalité avec l’homme et, en même temps, sa complémentarité avec l’homme, auquel elle se rapporte non pas en terme d’opposition et de lutte, mais en terme de communion et d’amour, pour la réalisation d’un projet commun», poursuivent les jésuites. «Il s’agit de créer une famille, dans laquelle une nouvelle vie puisse commencer et croître dans un climat d’amour», ajoutent-ils.
En effet, pour l’Eglise, l’idéologie des genres remet en question la famille, «piégée aussi bien par les unions libres que par la diffusion des pratiques homosexuelles». «Aujourd’hui, plus que jamais, la famille est attaquée de toute part» et cela «explique pourquoi l’Eglise intervient si fréquemment dans sa défense», poursuit encore l’article.
La Congrégation pour la doctrine de la foi a publié à ce sujet le 31 juillet 2004, une «Lettre sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde», signée par le cardinal Joseph Ratzinger.
«Il en va non seulement du bien de l’Eglise mais aussi du bien de l’humanité», peut-on lire encore dans l’article, qui conclut que contribuer à aggraver la crise de la famille, «source de grandes souffrances pour les personnes», serait «irresponsable et même délictueux». (apic/imedia/bb)




