Elle réfute les accusations de prosélytisme portées contre elle

Rome: L’Eglise catholique réaffirme dans une note son droit à évangéliser

Rome, 14 décembre 2007 (Apic) La Congrégation pour la doctrine de la foi a souhaité préciser le sens du terme «évangélisation» et ses applications concrètes dans une note publiée le 14 décembre 2007. L’Eglise catholique réaffirme son droit à évangéliser et réfute les accusations de prosélytisme, maintes fois avancées par l’orthodoxie russe du patriarche Alexis II.

Dans ce document d’un peu moins d’une vingtaine de pages, la Congrégation en charge des questions de doctrine a réaffirmé le droit de l’Eglise à évangéliser partout dans le monde malgré les accusations de «prosélytisme», face à la «confusion» croissante des fidèles appelés à être missionnaires, et devant les «relativismes actuels». Ce document doctrinal a été approuvé par Benoît XVI en octobre dernier.

La note de la Congrégation pour la doctrine de la foi «sur certains aspects de l’évangélisation» entend rappeler en premier lieu que «toute personne a le droit d’entendre la ’Bonne Nouvelle’ de Dieu», c’est-à-dire l’Evangile. Ce document est motivé par la «confusion sans cesse grandissante» qui fait que l’évangélisation n’est plus une priorité pour les fidèles tout en étant perçue comme «une entrave à la liberté d’autrui», mais aussi en raison de «théories relativistes» selon lesquelles «il serait possible d’être sauvé même sans une connaissance explicite du Christ et sans une incorporation formelle à l’Eglise».

Consacrant une partie de la note aux «implications oecuméniques», la Congrégation pour la doctrine de la foi réaffirme le droit de l’Eglise et de ses fidèles à proclamer l’Evangile «dans les pays où vivent des chrétiens non-catholiques», dans une référence implicite à la Russie orthodoxe et aux pays de l’ancien bloc soviétique. La note réfute en ce sens les accusations de «prosélytisme» faites à l’Eglise (ndlr de l’Eglise orthodoxe russe d’Alexis II, notamment).

De la nécessité d’évangéliser

Face aux «différentes formes d’agnosticisme et de relativisme présentes dans la société contemporaine», la note doctrinale réaffirme – dans une première partie consacrée aux implications sur le plan anthropologique – que «tout homme» a «le droit et le devoir» de «chercher la vérité en matière religieuse». Reprenant un passage de l’Encyclique Fides et Ratio (1998) de Jean Paul II, le document regrette «un des symptômes les plus répandus de la défiance à l’égard de la vérité» : le fait que «la pluralité légitime des positions a cédé le pas à un pluralisme indifférencié, fondé sur l’affirmation que toutes les positions se valent».

«Faire appel de manière honnête à l’intelligence et à la liberté d’une personne (.) n’est pas une ingérence indue à son égard, mais plutôt un don légitime et un service», précise la Congrégation pour la doctrine de la foi. «Celui qui pense se fier uniquement à ses propres forces dans la recherche de la vérité», affirme-t-elle, «se trompe».

Quant à l’Eglise, est-il expliqué, elle «ne peut pas ne pas tenir compte» du fait qu’il manque «un grand bien» aux «non-chrétiens» : «connaître le vrai visage de Dieu et l’amitié avec Jésus-Christ». Face à «la mission évangélisatrice» à laquelle «l’Eglise ne peut jamais faillir», la Congrégation pour la doctrine de la foi précise cependant que «les vrais évangélisateurs veulent seulement offrir gratuitement ce qu’ils ont eux-mêmes reçu gratuitement».

Implications ecclésiologiques

La note doctrinale explique également que la «conversion», au sens chrétien, n’est pas «l’exigence d’amener des païens à l’Eglise» mais exprime «un changement de mentalité et d’action». «L’incorporation de nouveaux membres à l’Eglise n’est pas l’extension d’un groupe de puissance, mais l’entrée dans le réseau d’amitié avec le Christ», précise encore le document. Celui-ci regrette alors que, «dans certaines parties du monde», le simple «droit» à la liberté religieuse «n’est pas encore légalement reconnu, et en d’autres lieux, il n’est pas respecté dans les faits».

«La transmission de l’Evangile, la parole et le témoignage de vie vont de pair», prévient ensuite la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celle-ci indique que «si la Parole (de Dieu, ndlr) est en contradiction avec la conduite, elle est difficilement accueillie», mais aussi que «le témoignage seul ne suffit pas non plus».

OEcuménisme et évangélisation

Dans une dernière partie, la note doctrinale précise que «la mission de l’Eglise est universelle et ne se limite pas à des régions déterminées de la terre». Celle-ci «a lieu aussi dans des pays où vivent des chrétiens non catholiques, surtout les pays de vielle tradition et d’ancienne culture chrétiennes». Concernant particulièrement les pays de l’ancienne Union soviétique, sans les nommer, la note doctrinale demande «un véritable respect pour leur tradition et pour leurs richesses spirituelles, et un sincère esprit de coopération».

Pour autant, la Congrégation pour la doctrine de la foi précise qu’il convient de noter que «si un chrétien non catholique, pour des raisons de conscience et dans la conviction de la vérité catholique, demande à entrer dans la pleine communion de l’Eglise catholique, il faudra respecter sa requête comme oeuvre de l’Esprit Saint et comme expression de la liberté de conscience et de religion». Dans ce cas, précise la note, il ne s’agit pas de prosélytisme, dans le sens négatif attribué à ce terme».

Signée par le préfet et le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Joseph Levada et Mgr Angelo Amato, la note porte la date du 3 décembre 2007. Au préalable, le 6 octobre 2007, le document avait été présenté à Benoît XVI qui l’avait «approuvé» et en avait «ordonné la publication». (apic/imedia/ami/pr)

14 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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