Le cardinal Hoyos commente la Lettre du pape aux prêtres
Rome: L’Eglise catholiques dans le monde en quelques chiffres
Rome, 6 avril 2004 (Apic) Le cardinal Dario Castrillon Hoyos a annoncé que le Congrès mondial du clergé se tiendra du 18 au 22 octobre, en commentant mardi à Rome la Lettre de Jean-Paul II aux prêtres, qu’il considère comme une «invitation à la sainteté».
Cette Journée mondiale des prêtres devait déjà se réunir à Lourdes en octobre 2003. L’initiative avait été annulée en raison de l’agenda trop chargé de la curie avec le consistoire et la béatification de Mère Teresa.
Pour le préfet de la Congrégation pour le clergé, la Lettre du pape aux prêtres «est vouée à faire redécouvrir aux prêtres la très haute dignité de leur ministère et la responsabilité d’être les dépositaires du don inestimable de l’Eucharistie».
Insistant sur «la prévenante charité» avec laquelle Jean Paul II s’adresse aux prêtres «pour les confirmer dans la foi et les soutenir dans leur ministère», le cardinal latino-américain a mis en lumière «trois aspects» du contenu de la Lettre au cours de son discours adressé à la presse.
Insistant ainsi sur «le lien intime et profond existant entre consécration et mission sacerdotale», «binôme inséparable», le cardinal Dario Castrillon Hoyos a ajouté que «le prêtre en fait, est choisi, consacré, et envoyé pour faire émerger la contemporanéité du Christ, duquel il devient le représentant et le messager authentique».
Pas dans la ligne des rapports socio-politique
«Le ministère ordonné ne s’inscrit pas dans la ligne des rapports socio-politiques existant entre les hommes, et ne se situe pas sur le plan du seul effort humain pour se rapprocher de Dieu : le ministère sacré est un don de Dieu et est situé irréversiblement sur la ligne verticale de la recherche de l’homme venant de son créateur et sauveur, sur l’horizon sacramentel de l’intimité divine, rendue gratuitement accessible à l’homme», a encore affirmé le cardinal latino-américain.
Abordant enfin le troisième aspect du texte concernant la pastorale des vocations, le cardinal Dario Castrillon Hoyos a souligné l’importance accordée à «la prière de l’Eglise qui se fait efficace et s’unit à celle du Christ». La prière des vocations «doit être aussi accompagnée de l’action pastorale, vouée à faire comprendre que la vie est la vocation, et que Dieu appelle certains à le suivre de plus près dans la communion avec lui et dans le don de soi». PR
Encadré
L’évolution numérique du clergé dans le monde
Revenant sur le passage de la lettre aux prêtres de Jean Paul II concernant la situation numérique du clergé, le secrétaire de la Congrégation pour le clergé, Mgr Csaba Ternyak, a donné quelques chiffres pour illustrer la situation.
Sans donner la courbe de l’évolution de la population dans le monde, Mgr Ternyak a cependant fait remarquer que le nombre de prêtres dans le monde est passé de 406’509 en 1961 à 439’850 en 2001 et que 14% des paroisses actuelles dans le monde ont été créées ces 30 dernières années.
Selon lui, «la baisse des vocations dans certains pays occidentaux ne doit pas créer une fausse illusion: elle est corrélative au vieillissement progressif de la population locale, au phénomène préoccupant de la diminution des naissances et, enfin, du phénomène culturel de l’augmentation de la sécularisation». Il a ajouté que «d’un autre côté, on peut constater une croissance du clergé, particulièrement dans les continents les plus jeunes, où est encore significative la procréation et où la culture est moins attaquée par la crise religieuse».
Dans un tableau comparatif des années 1961 et 2001, on note en particulier que le nombre de prêtres, en Asie, est passé de 25’535 à 44’446 (+75%) et en Afrique de 16’541 à 27’988 (+65%). En Europe, ce chiffre est passé de 250’859 à 206’761 (-20%) et en Amérique du Nord de 71’725 à 57’988 (-20%).
Concernant les séminaristes, le secrétaire a noté que le taux de renonciation était de 9,09% au début du pontificat de Jean Paul II et qu’il est passé à 6,93%. «Dans l’histoire de l’Eglise, a-t-il affirmé, nous n’avons jamais eu autant de séminaristes étudiant en philosophie et en théologie». PR
Encadré
Les stratégies pastorales contre la crise des vocations sacerdotales
Concernant les nouvelles stratégies pastorales pour remédier à la baisse du nombre de vocations sacerdotales dans les pays occidentaux, Mgr Csaba Ternyak a souligné l’importance de la «fidélité des prêtres», pour susciter «cet enthousiasme» qui porte les jeunes vers le sacerdoce. Il a également insisté sur la nécessité de la prière des fidèles pour les vocations, mais aussi sur l’ouverture et la confiance des familles qui doivent permettre à leurs enfants de répondre positivement à un appel à la vocation sacerdotale. Il a en effet déploré le fait que beaucoup de familles, même croyantes, y soient réticentes.
Il a aussi donné en exemple l’Eglise américaine – dont le nombre des fidèles augmente alors que celui des prêtres diminue – qui, au travers d’une action dynamique menée par ses évêques en direction des familles et de la catéchèse, à largement développé, ces dernières années, ce secteur de la pastorale des vocations. PR
Encadré
Les départs des séminaristes et des prêtres
Interrogé sur les causes de nombreux départs de séminaristes avant même d’être ordonnés, le secrétaire de la Congrégation pour le clergé a souligné la difficulté à expliquer ce phénomène. Le degré de maturité plus élevé des séminaristes plus âgés et ayant cheminé avant de rentrer au séminaire peut être, selon lui, l’une des raisons de ces départs. Il a alors insisté sur l’importance de la création d’une atmosphère «familiale» dans les séminaires, où les prêtres valorisés en communauté, peuvent créer «des amitiés solides» entre eux.
Interrogé sur les 200’000 départs de prêtres durant les 40 dernières années recensés dans un programme récent de la BBC, Mgr Csaba Ternyak a répondu que d’après lui ils étaient plus proches de «80’000», alors que pour le cardinal Dario Castrillon Hoyos, le nombre réel approchait effectivement des 200’000.
Revenant sur ses chiffres et maintenant sa position, le secrétaire de la Congrégation pour le clergé a donné celui de 64’610 pour la période allant de 1974 à 2000, chiffre figurant avec l’ensemble de leurs statistiques sur le site www.clerus.org.
Chiffres encore: L’Eglise catholique compte environ un milliard de fidèles, contre quelque 749 millions il y a un quart de siècle. Le nombre de fidèles a donc augmenté plus vite que celui des prêtres. (apic/imedia/pr)



