Une leçon pour un témoignage plus pur

Rome : l’Eglise doit demander pardon, rappelle Jean Paul II

Rome, 1er septembre 1999 (APIC) Jean Paul II a consacré son enseignement hebdomadaire du 1er septembre aux demandes de pardon de l¹Eglise pour les fautes «historiques» de ses «fils», à l’occasion de la célébration du Jubilé de l’an 2000. Quand l’Eglise demande pardon, ce n’est pas pour faire «étalage de feinte humilité», ni pour renier son histoire «riche de mérites», mais pour faire du passé «une leçon pour un témoignage plus pur», a expliqué le pape.

S’adressant à quelque 8’000 pèlerins rassemblés dans la salle Paul VI au Vatican , le pape a cité trois exemples de ces fautes. D’abord «la douloureuse réalité de la division entre les chrétiens», pour rappeler que ces déchirements du passé, dont les responsabilités sont partagées, restent aujourd’hui un «scandale pour le monde».

«L’utilisation de méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité» est un deuxième exemple d’une attitude fausse. En effet, a expliqué le pape, «même si beaucoup l’ont fait de bonne foi, il n’était certainement pas évangélique de penser que la vérité devait être imposée par la force «.

Enfin, le «manque de discernement de certains chrétiens face à des situations de violation des droits humains fondamentaux» constitue le troisième exemple de ces fautes. «La demande de pardon, souligne Jean Paul II, vaut pour ce qui a été omis ou tu par faiblesse ou par erreur d’appréciation, pour ce qui a été fait ou dit de manière indéécise ou peu appropriée «.

L’Eglise ne craint pas la vérité qui émerge de l’histoire

La reconnaissance des péchés historiques suppose, pour le pape, «une prise de position face aux événements, tels qu’ils se sont réellement passés» et que «seules des reconstitutions historiques sereines et complètes peuvent faire émerger». Jean Paul II estime en effet qu’il faut, avant d’attribuer des responsabilités morales spécifiques aux individus, tenir compte des contextes culturels particuliers. L’Eglise ne craint pas la vérité qui émerge de l’histoire, mais elle se méfie des «sentences généralisées d’absolution ou de condamnation par rapport aux diverses époques historiques», ainsi que des «préjugés de type confessionnel ou idéologique».

Pour Jean Paul II, l’attitude actuelle de pénitence et de transparence de l’Eglise ne doit pas être comprise comme «un étalage de feinte humilité», ni comme «un reniement de son histoire bimillénaire certainement riche de mérites dans les domaines de la charité, de la culture et dela sainteté «. Le Jubilé de l’an 2000 doit être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page d’histoire afin de «surmonter les obstacles qui divisent encore entre eux les êtres humains et les chrétiens en particulier», conclut le pape. La demande de pardon officielle de l’Eglise s’exprimera de manière solennelle le Mercredi des cendres de l’an 2000. (apic/cip/imed/mp)

1 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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