Rome: L’Encyclique «Humanae vitae» aura 40 ans vendredi

L’OR rappelle l’actualité de ce document

Rome, 24 juillet 2008 (Apic) «L’Osservatore Romano» rappelle l’actualité de l’Encyclique «Humanae vitae», de Paul VI, 40 ans après sa promulgation, le 25 juillet 1968.

«Authentique signe de contradiction, l’Encyclique Humanae vitae n’est pas volontiers rappelée. Sûrement à cause de son enseignement exigeant et à contre-courant». C’est ce que regrette Gian Maria Vian, le directeur de L’Osservatore Romano, dans un éditorial consacré au 40e anniversaire de la publication par Paul VI (1963-1978) de l’Encyclique Humanae vitae, le 25 juillet 1968. Dans son édition du 25 juillet 2008, le journal du Saint-Siège propose plusieurs pages spéciales pour rappeler l’actualité de cette Encyclique contre la contraception artificielle qui déclencha une crise au sein même de l’Eglise.

«Défini de façon dérisoire comme ’l’Encyclique de la pilulé, le document pontifical est cohérent avec les nouveautés conciliaires importantes sur le concept du mariage, mais malgré cela elle fut noyée par les polémiques», souligne encore le directeur du quotidien du Saint-Siège, spécialiste du pontificat de Paul VI qui était son parrain.

«Aujourd’hui face aux développements inquiétants de l’ingénierie génétique, le texte d’Humanae vitae apparaît lucide et prémonitoire», insiste-t-il.

Pour Gian Maria Vian, «l’opposition sans précédent» contre l’enseignement pontifical qui «décida le pape à ne plus utiliser la forme solennelle de l’Encyclique» est liée «à la situation culturelle complexe de ces années et aux énormes intérêts en jeu».

Pour sa part, le cardinal Francis J. Stafford, pénitencier majeur, rappelle dans un article intitulé «1968 : l’année de l’épreuve», «la déchirante dissension doctrinale autour de l’Encyclique de la part de certains prêtres et théologiens américains».

Une encyclique mal interprétée?

L’Encyclique Humanae vitae, «sur le mariage et la régulation des naissances», fut signée par Paul VI (1963-1978) le 25 juillet 1968. L’Encyclique débute par cette phrase : «Humanae vitae tradendae munus gravissimum» (le très grave devoir de transmettre la vie humaine).

Le 10 mai 2008, en recevant en audience les participants au Congrès international organisé par l’Université pontificale du Latran à l’occasion du 40e anniversaire de l’Encyclique, Benoît XVI avait dénoncé une sexualité qui deviendrait «une drogue» et rappelé qu’aucune «technique» ne pouvait remplacer l’acte de procréation fondé sur l’amour. Le souverain pontife avait ainsi rappelé la condamnation de toute contraception artificielle et de la procréation médicalement assistée, en appelant à «une éducation adéquate à la sexualité» des jeunes.

A cette occasion, le pape avait aussi rappelé que «ce document devint vite un signe de contradiction. Elaboré à la lumière d’une décision douloureuse, il constitue un geste significatif de courage dans le rappel de la continuité de la doctrine et de la tradition de l’Eglise». Benoît XVI avait aussi regretté que l’Encyclique ait souvent été «mal interprétée» et «fit beaucoup parler parce qu’elle s’imposait à l’aube d’une profonde contestation qui a marqué la vie de toute une génération».

Pour préparer cette Encyclique, pendant 5 ans, des commissions successives furent convoquées par le pape Paul VI. Toutes, dans des formes diverses, proposèrent des assouplissements de la doctrine. Après beaucoup d’hésitations, la décision du pape fut aussi claire qu’inattendue. Il maintint la position de ses prédécesseurs.

L’Encyclique confirma ainsi le «lien indissoluble (…) entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation (…). Tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie». Elle déclara «intrinsèquement déshonnête» toute méthode artificielle de régulation des naissances. En revanche, la légitimité de «tenir compte des rythmes naturels (…) pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et réguler ainsi la natalité» fut reconnue.

En 1968 et juste après Vatican II, cette Encyclique eut l’effet d’une bombe dans une opinion très largement favorable à un assouplissement de la doctrine. Cette prise de position du pape déclencha une profonde crise d’autorité dans l’Eglise. (apic/imedia/hy/pr)

24 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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