60 années marquées par les guerres et les crimes contre l’humanité
Rome: L’heure de la résurrection de l’Onu est venue, selon le Saint-Siège
Rome, 15 septembre 2005 (Apic) Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, a affirmé qu’est venue l’heure de la «résurrection» de l’Onu, dans une interview publiée par le quotidien italien La Stampa, le 15 septembre. Le ’numéro deux’ du Vatican, envoyé par Benoît XVI au sommet des Nations unies à New-York, du 14 au 16 septembre, a aussi encouragé le maintien d’une présence militaire étrangère en Irak.
«Après la tragédie en Bosnie (en guerre de 1992 à 1995, ndlr), un livre intitulé ’l’Onu est morte à Sarajevo’ a été écrit», s’est souvenu le cardinal Angelo Sodano, avant d’affirmer que «désormais est venue l’heure de sa résurrection». Interrogé sur la réforme de l’organisation internationale, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a jugé «très bonnes» les propositions faites avant le sommet à New-York. «Mieux vaut tard que jamais», a-t-il encore affirmé, soulignant que «60 ans sont passés depuis ce lointain 26 juin 1945 où naissait cette organisation pour mettre en acte les grands principes énoncés dans le préambule de son statut: sauver les générations futures du fléau de la guerre, réaffirmer les droits fondamentaux de l’homme et contribuer au développement des peuples».
«On doit noter que l’histoire de ces 60 années a été encore marquée par le fléau des guerres et des crimes contre l’humanité, en plus de la misère et de la faim», a reconnu le cardinal Secrétaire d’Etat. Ce dernier a affirmé voir «avec plaisir que le concept d’intervention humanitaire se précise», et que, «désormais, l’on veut créer une ’Peacebuilding Commission’ pour ramener la paix dans les pays éprouvés par les rivalités ethniques et les conflits armés».
La «responsabilité de protéger»
Le cardinal Sodano a encore soutenu que les tragédies des Balkans, du Proche Orient ou de l’Afrique «ont fait méditer les responsables des Nations unies» et que, «dans les nombreux documents de préparation de ce sommet, ’la responsabilité de protéger’ est largement évoquée». A propos de ce «concept juridique et politique qui se développe», le cardinal Sodano a précisé que «le Saint-Siège demande aux Etats d’avoir le courage d’appliquer les décisions dans ce sens», afin de «remédier aux situations dans lesquelles les autorités nationales ne veulent ou ne peuvent pas protéger leurs populations».
A la question de savoir si les forces étrangères doivent rester en Irak, Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a simplement répondu que «la loi de la solidarité oblige les nations du monde à aider l’Irak». «Sur cela, a- t-il expliqué, nous devrons tous être d’accords pour autant que notre avis personnel sur l’histoire tourmentée de ce pays soit différent».
Sur l’affirmation de la tradition religieuse de l’Europe, le cardinal Angelo Sodano a déclaré «logique que l’Eglise ait une sollicitude particulière pour l’Europe, où le christianisme a posé ses racines les plus profondes». «Désormais, le Charte constitutionnelle est à l’examen dans divers Etats», a expliqué le cardinal italien, «cela ne doit pas nous décourager». «Qu’elle entre en vigueur ou non, c’est seulement un instrument du processus d’intégration européenne», a-t-il poursuivi avant de conclure que «les chrétiens sont majoritaires dans les 25 Etats de l’Union et ne manqueront certainement pas de contribuer au progrès spirituel du continent».
Des solutions efficaces contre la pauvreté, la maladie et la faim
Du 14 au 16 septembre, le sommet extraordinaire des Nations unies est réuni à New York pour examiner la réforme de l’Onu et la progression des ’Objectifs du Millénaire pour le développement’. Lors de la prière de l’Angélus, le 11 septembre à Castel Gandolfo, Benoît XVI avait appelé les 150 chefs d’Etat et de gouvernement prenant part au sommet Nations unies à trouver des solutions efficaces contre la pauvreté, la maladie et la faim dans le monde.
Lors de l’ouverture du sommet, le 14 septembre, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a réclamé avec force la réforme de l’organisation et exigé une «action collective» face à la pauvreté et aux défis à la sécurité. Il a déploré qu’aucun accord n’ait été trouvé sur les questions de désarmement dans le document de compromis rédigé en préalable au sommet, et mis en garde contre la tentation d’ignorer les dispositions sur la protection des populations. (apic/imedia/ami/bb)



