L’Eglise marque le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin

Rome: L’homme est au sommet de la création, rappelle le Vatican

Rome, 10 février 2009 (Apic) L’homme est unique dans le panorama biologique de la planète et domine la création, ont réaffirmé le 10 février 2009 devant la presse au Vatican les organisateurs d’une conférence internationale sur «l’évolution biologique» qui sera organisée à Rome du 3 au 7 mars prochains.

Cette conférence de haut niveau, organisée par l’Université grégorienne en collaboration avec l’Université Notre-Dame de l’Indiana, aux Etats-Unis, est placée sous le patronage du Conseil pontifical de la culture. Elle entend marquer le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (1809-1882) et le 150e anniversaire de la parution de son livre «L’origine des espèces».

«L’homme est le couronnement de la création», a ainsi lancé Giuseppe Tanzella-Nitti, théologien et professeur de l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome. L’Eglise, a-t-il encore expliqué, est convaincue qu’»aucun des mécanismes de l’évolution ne s’oppose à l’affirmation que Dieu a voulu et créé l’homme».

Giuseppe Tanzella-Nitti a souligné que les êtres humains étaient uniques dans le panorama biologique de notre planète. Les hommes, a-t-il encore expliqué, partagent la plus grande partie de leur morphologie avec les autres animaux. Les chimpanzés, a-t-il soutenu, partagent plus de 97 % du patrimoine génétique des êtres humains.

Interrogé sur les 3 % restant, le théologien a soutenu que «l’homme est à l’image de Dieu et qu’il a une âme spirituelle». Il a alors expliqué que, «dans ces 3 %, il y a tout le développement technique et scientifique, la culture, le langage, tout ce qui fait partie de notre monde humain qui est à la fois matériel et spirituel».

Par ailleurs, Giuseppe Tanzella-Nitti a poursuivi en confiant que la question n’est pas tellement que l’homme soit semblable au singe, mais de comprendre pourquoi il a eu une histoire évolutive si différente. Cette question «saute aux yeux de tout le monde, a-t-il ajouté, non seulement des théologiens mais aussi des scientifiques».

L’Eglise catholique a longtemps combattu Darwin

Intervenant également devant la presse, Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, a pour sa part insisté une fois encore sur la nécessité d’un dialogue entre théologie et philosophie, et plus largement entre la foi et la science. De la science et de la foi, a-t-il continué, «aucune des deux n’est en mesure d’épuiser la complexité du mystère de l’homme et de l’univers».

Après avoir longtemps combattu Darwin, l’Eglise catholique considère aujourd’hui, avec quelques réserves, que la théorie de l’évolution n’est pas incompatible avec son enseignement. Elle s’inquiète pourtant de l’influence du darwinisme social et des théories sur l’évolutionnisme économique en matière d’éthique sociale et médicale. La «sélection naturelle» est inacceptable pour la doctrine sociale de l’Eglise.

La conférence internationale – intitulée «L’évolution biologique: faits et théories, une évaluation critique 150 ans après ’L’origine des espèces’» -, aura lieu à Rome du 3 au 7 mars 2009. Elle comptera une quarantaine d’intervenants. Parmi eux, le paléontologue français Yves Coppens. Le congrès sera dirigé par le Père jésuite Marc Leclerc, professeur de philosophie de la nature. (apic/imedia/ami/lb/be)

10 février 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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