La victoire du Hamas ouvre de nouveaux scénarios politiques

Rome: L’Osservatore Romano appelle à changer de stratégie au Proche-Orient

Rome, 1er février 2006 (Apic) L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, a appelé le 1er février la communauté internationale à «changer sa stratégie au Proche Orient» et à «créer de nouveaux instruments de négociation». Dans une page spéciale intitulée «la victoire du Hamas aux élections dans les Territoires palestiniens ouvre de nouveaux scénarios politiques au Proche-Orient», un court éditorial invite à «changer les stratégies pour relancer la négociation».

«La corruption, le mauvais gouvernement et les disputes internes ont causé la nette défaite du Fatah aux élections palestiniennes», souligne L’Osservatore Romano dans cette page dirigée par le journaliste Marcello Filotei. «L’affirmation inattendue du Hamas pose désormais une série de questions auxquelles la communauté internationale n’est pas préparée à répondre» et le quotidien du Saint-Siège, se référant à certaines analyses, pointe la menace réelle d’une «guerre civile» en Palestine.

«La feuille de route fixée par le quartette semble d’autant plus difficile à relancer qu’elle fixe la fin des violences comme préliminaire», souligne le quotidien, en dénonçant la spirale inéluctable de la violence. La communauté internationale «cherchait auparavant à convaincre le Fatah de désarmer le Hamas, mais n’y est jamais parvenue» alors qu’aujourd’hui «elle se trouve dans la situation de demander à un gouvernement de démanteler sa propre milice pour pouvoir s’asseoir à la table de négociations».

L’Osservatore Romano souligne que si le Hamas «décidait de le faire», il risquerait une «révolte interne, la même qui aurait pu frapper le Fatah s’il avait tenté de désarmer le mouvement radical islamiste». Ainsi, face à cette impasse, «la nécessité de créer de nouveaux instruments de négociations qui, prenant acte des changements intervenus, identifient des objectifs raisonnables et les moyens de les mettre en oeuvre, est donc évidente», conclut le journal.

Le Saint-Siège est resté officiellement silencieux

Depuis la victoire du mouvement extrémiste Hamas aux élections palestiniennes, le Saint-Siège est resté officiellement silencieux, malgré les projets d’islamisation de la société promus par le mouvement. Les diplomates du Saint-Siège veulent voir la composition du futur gouvernement, le détail de son programme et aussi le résultat des élections israéliennes de mars prochain avant de pouvoir se prononcer définitivement.

Benoît XVI, au cours des fêtes de fin d’année, ainsi qu’au moment de l’hospitalisation du premier ministre israélien Ariel Sharon, toujours dans le coma, avait invité à prier pour la paix en Terre Sainte et réaffirmé sa volonté de voir Israéliens et Palestiniens cohabiter pacifiquement.

Il y a deux mois, le 3 décembre 2005, le pape avait abordé avec Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité nationale palestinienne en visite au Vatican, la question de la situation périlleuse dans les Territoires palestiniens. Il lui avait demandé «d’intégrer l’ensemble du peuple palestinien aux processus de paix dans la région» et d’être particulièrement attentif au sort des chrétiens qui, depuis des années, quittent la région en masse devant les discriminations. Le Saint-Siège avait fermement condamné comme un «acte de violence injustifiable dans tout Etat de droit» l’assassinat par les Israéliens, en 2004, de l’ancien chef historique et fondateur du Hamas, Ahmed Yassin. (apic/imedia/hy/bb)

1 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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