Rome: L’Osservatore Romano choqué par la décision concernant Terri Schiavo
«Le crime d’être inutile»
Rome, 23 mars 2005 (Apic) ’Terri Schiavo: le crime d’être inutile’, tel est le titre de l’article en première page de L’Osservatore Romano du 23 mars signé de Washington. La Cour d’appel fédérale de Floride a en effet repoussé hier le recours des parents de l’Américaine en état végétatif depuis 15 ans, qui souhaitent rebrancher la sonde gastrique l’ayant maintenue en vie jusqu’à vendredi dernier.
Terri Schiavo «n’a aucune possibilité d’être ’récupérée’ à une vie normale», explique le quotidien du Saint-Siège. Il rappelle que le juge de la Cour fédérale de Floride, James Whitemore, a repoussé hier le recours des parents Schiavo. Ceux-ci souhaitent rebrancher la sonde d’alimentation retirée à leur fille vendredi dernier. «Terri Schiavo doit donc mourir», poursuit laconiquement l’article.
Le maintien en vie de cette femme âgée de 41 ans a été suspendu le 18 mars sur ordre de la magistrature locale. Et malgré le vote «en temps record» par le Congrès américain d’une loi permettant aux parents de Terri Schiavo de sauver leur fille, la justice fédérale de Floride a pris la même décision.
«Le juge Whittemore a décidé que la vie de Terri ne valait pas la peine d’être vécue», poursuit l’article de L’Osservatore Romano. Le juge condamne «en même temps la femme à une mort atroce: la mort de faim et de soif». «Au fond, le destin de Terri n’apparaît pas dissemblable à celui de tant d’hommes et de femmes qui, aux Etats-Unis, sont condamnés à mort pour leurs crimes», estime encore le quotidien du Saint-Siège. Les évêques catholiques des Etats-Unis ont lancé de Washington le 21 mars, une campagne contre la peine de mort.
«Terri n’a pas commis de crime»
«Mais Terri n’a pas commis de crime, sinon celui d’être inutile aux yeux d’une société incapable d’apprécier et de défendre le don de la vie. De chaque vie», conclut l’article.
Pour sa part, le président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, le cardinal Javier Lozano Barragan, a défini le débranchement de la sonde gastrique de «vrai et réel assassinat», dans le quotidien de la Conférence épiscopale italienne l’Avvenire du 23 mars. En effet, «il n’y a pas de jugement sur la Terre qui puisse supprimer une vie innocente», a-t- il argumenté. «Une décision de ce type va contre le commandement de ’ne pas tuer». Il faut donc, pour lui, «une mobilisation collective». «Devant cette situation, il est nécessaire d’appliquer la légitime défense pour que des juges ne s’arrogent pas un droit revenant seulement à Dieu», a-t-il conclu.
Après le juge fédéral de Tampa, en Floride, la cour d’appel fédérale régionale d’Atlanta, en Géorgie, a confirmé à son tour le 22 mars les décisions antérieures: à deux contre un, les magistrats ont rejeté le recours des parents de Terri Schiavo demandant que la sonde d’alimentation qui maintient leur fille en vie soit rebranchée. L’affaire n’est pas terminée puisqu’un nouvel appel a été immédiatement déposé. Selon les médecins, si la sonde n’est pas rebranchée, Terri Schiavo devrait mourir de faim et de soif d’ici une dizaine de jours au plus tard. (apic/imedia/ar/bb)




