Contraint d’être pape en temps de guerre
Rome: L’Osservatore Romano dénonce la diffusion de la fausse image de Pie XII
Rome, 9 octobre 2008 (Apic) A la veille du 50e anniversaire de la mort de Pie XII (1939-1958), Gian Maria Vian, directeur de L’Osservatore Romano, a dénoncé «la diffusion de la légende noire d’un pape insensible face à la shoah et pro-nazi».
Dans un éditorial intitulé «en mémoire de Pie XII», publié le 8 octobre 2008, il a salué «l’homme de paix» que fut Pie XII, «contraint par la précipitation des événements à être pape en temps de guerre».
«Le poids de la guerre et le désir d’en effacer le souvenir pesèrent rapidement sur l’image de Pie XII, facilitant après sa mort la diffusion de la légende noire d’un pape insensible face à la Shoah et pro-nazi, construction inconsistante d’un point de vue historique avant même d’être dénigrante», a ainsi souligné Gian Maria Vian.
Le directeur de L’Osservatore Romano a aussi évoqué le «pontificat difficile» de Pie XII, qu’il mena durant «la période la plus sombre du 20e siècle, celle de l’affirmation des totalitarismes, de l’extermination du peuple juif dans le coeur de l’Europe, de la tragédie la plus effrayante jamais vécue et de la division successive du monde dans des domaines durement opposés durant la guerre froide».
«Homme de paix, Pie XII fut contraint par la précipitation des événements à être pape en temps de guerre, évêque de Rome sans défense», a continué Gian Maria Vian. «Il affronta la tragédie guerrière comme aucun dirigeant ne le fit à son époque», a-t-il salué. «Même face à la persécution monstrueuse des juifs, en un silence conscient et subi qui avait pour objectif l’efficacité d’une oeuvre de charité et d’un secours indiscutable».
Pour le quotidien du Saint-Siège, «l’oeuvre de paix et de conduite du catholicisme continua infatigablement après le conflit», alors que Pie XII «soutenait d’une part la démocratie et l’opposition au totalitarisme communiste, et d’autre part le début de la construction européenne». Gian Maria Vian a enfin évoqué «cette Eglise que Pie XII servit jusqu’à la fin et qui a le devoir d’en conserver la mémoire».
Le 9 octobre, à 11h30, Benoît XVI célèbrera une messe pour l’anniversaire de la mort de Pie XII dans la basilique Saint-Pierre, trois jours après les déclarations du rabbin d’Haïfa Shear-Yashuv Cohen devant le Synode des évêques. Celui-ci, devant le pape, avait évoqué «le silence» de certains «grands leaders religieux» face à l’Holocauste. Il avait ensuite confié à la presse qu’il était opposé à l’éventuelle béatification d’Eugenio Pacelli.
Le Vatican a ouvert la cause de béatification de Pie XII en octobre 1967. En mai 2007, les membres de la Congrégation pour les causes des saints avaient voté à la majorité ’les vertus héroïques’ de Pie XII et Benoît XVI aurait dû signer le décret le rendant vénérable. Mais, en décembre 2007, ce dernier avait décidé de créer une commission spéciale pour étudier le dossier du procès.
Il semble cependant, a appris I.Media, que cette commission spéciale se soit réduite à un seul membre de la secrétairerie d’Etat, décédé depuis. Au cours de l’été, Benoît XVI aurait travaillé sur le dossier alors préparé à son intention. (apic/imedia/ms/pr)



