Pas se limiter aux questions liées aux technologies de l’information

Rome: L’UCIP face au Sommet Mondial de l’ONU sur la Société de l’Information (SMSI)

Rome, 9 décembre 2002 (APIC) L’Union catholique internationale de la presse (UCIP) souhaite que le 1er Sommet Mondial de l’ONU sur la Société de l’Information (SMSI), qui se déroulera en décembre 2003 à Genève, ne se limite pas aux questions liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

L’UCIP, une ONG catholique dont le siège est à Genève et qui rassemble des professionnels des médias des 5 continents, souhaite que le SMSI s’intéresse également aux besoins humains dans le domaine de la communication et de l’information. La prise en compte des droits de l’homme et le développement humain doivent former le fondement du SMSI, déclarent les membres du Bureau de l’UCIP réunis à Rome pour le 75e anniversaire de cette organisation internationale catholique (OIC).

Le SMSI, qui se tiendra à Genève du 10 au 12 décembre 2003 et à Tunis en 2005, rappelle que la révolution numérique et la nouvelle dynamique qu’elle engendre change fondamentalement la société. Le SMSI a notamment pour objectif de réduire la «fracture numérique» Nord-Sud (le fameux «digital divide» entre «info-riches» et «info-pauvres»).

L’UCIP, comme de nombreuses ONG et des secteurs de la société civile, souhaite que la «société de l’information du XXIème siècle» bénéficie à l’ensemble de la communauté internationale. L’information, qui est un enjeu stratégique et économique essentiel, devrait redevenir un bien public commun à tous et échapper à une «marchandisation» totale. En fidélité avec les valeurs éthiques inspirées de l’Evangile, en tant qu’organisation démocratique regroupant des professionnels de l’information et de la communication, l’Union catholique internationale de la presse salue la tenue du SMSI et plaide pour un accès universel et équitable à la société de l’information, en particulier des populations défavorisées et marginalisées, tant dans les pays du Sud que dans ceux du Nord.

La «société de l’information» guidée par des objectifs de paix, de justice et d’égalité

Dans une résolution adoptée à Rome le 5 décembre, l’UCIP affirme que la «société de l’information» doit être guidée par des objectifs de paix, de justice et d’égalité, au niveau social, économique et politique. Elle doit être au service d’un développement durable, particulièrement dans les pays en voie de développement. La «société de l’information» doit reposer sur des fondements démocratiques et sur une réelle participation des citoyens, qui ne doivent pas être considérés comme de simples «usagers» ou «consommateurs». Le partage de l’information non seulement au niveau de l’infrastructure et des TIC, mais également dans le domaine des contenus doit figurer parmi les priorités du SMSI.

Pour l’organisation catholique, une vision de la «société de l’information» ne peut se limiter au domaine des TIC et de l’internet, mais doit également inclure les médias «traditionnels», comme la presse écrite, ou la radio, cette dernière restant extrêmement importante, notamment pour les pays en voie de développement.

Défense de la liberté de la presse et du droit à l’information

Comme organisation de professionnels des médias, l’UCIP déclare en outre défendre la liberté des journalistes – et leur protection – , et la liberté de la presse, qui découlent du droit du public à être informé. Ce droit figure déjà notamment dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme ou dans les documents de l’UNESCO. Dans le but de concrétiser son souci de solidarité avec ses membres dans les pays du Sud, l’UCIP incite les médias du Nord – éditeurs et journalistes – à s’engager à développer un partenariat et des échanges avec les médias du Sud.

L’UCIP se dote d’une «task force» pour des actions d’urgence et des prises de position

Dans le but d’être davantage présente dans le champ de l’actualité en tant qu’organisation rassemblant des professionnels de l’information, l’UCIP a décidé de se doter d’une «task force» composée de membres de plusieurs continents. Elle aura carte blanche pour des actions d’urgence et des prises de position, notamment pour prendre la défense des intérêts de certains de ses membres qui subissent des pressions, voire des menaces concrètes dans leur propre pays. Dans ses nouveaux statuts, l’UCIP se donne pour objectifs en particulier de promouvoir et de défendre le droit à l’information et à la liberté d’opinion, notamment en soutenant les journalistes menacés dans l’exercice de leur métier. Elle veut également favoriser la réflexion éthique et la recherche déontologique. (apic/be)

9 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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