Une nouvelle page dans l’histoire du bimillénaire
Rome: La cérémonie du consistoire, haute en couleurs, a réuni 35’000 participants
Rome, 21 février 2001 (APIC) «C’est une autre page historique qui s’inscrit dans l’histoire du bimillénaire». C’est ce qu’a déclaré Jean Paul II, le 21 février lors de la cérémonie du consistoire célébrée sur la place Saint-Pierre en présence des 44 nouveaux cardinaux dont les soutanes rouges contrastaient avec celles, violettes, blanches et noires, des autres célébrants. La cérémonie a rassemblé 35’000 personnes, 650 journalistes, 180 radio et 74 télévisions et 40 agences de photos.
Sous un ciel bleu, le parvis de la place vaticane était bariolé de couleurs rouges – des nouveaux cardinaux et des 80 anciens cardinaux -, violettes – des 250 évêques -, noires – des quelque 12 patriarches des Eglises orientales – et blanches – des concélébrants. Les gardes suisses avaient par ailleurs revêtus pour l’occasion leur casque à plume rouge, comme ils le font à chaque grande cérémonie.
Les nouveaux cardinaux, guidés par Mgr Jean-Baptiste Re, ancien Substitut de la secrétairerie d’Etat du Vatican, sont arrivés en procession, sous les applaudissements des fidèles – le cardinal Re ayant été choisi par le pape lui-même pour être en tête du cortège. Ils ont été suivis, ensuite, de la procession de la croix et de l’évangile. Le pape est arrivé quelques instants plus tard de l’intérieur de la basilique. Son fauteuil avait été placé sous les colonnes de l’entrée de la basilique Saint-Pierre.
Fidélité au pape, à ses successeurs et à l’Eglise
La remise de la barrette par Jean Paul II aux nouveaux cardinaux a été le point fort de la cérémonie du consistoire. Après avoir juré fidélité au pape, à ses successeurs et à l’Eglise, les cardinaux se sont approchés du pape, un par un, s’agenouillant pour recevoir la barrette des mains du pape. A chacun a par ailleurs été remis une «bulle» confirmant sa création et indiquant le nom d’une église du diocèse de Rome pour marquer leur service auprès du pape comme évêque de ce diocèse.
Gardant le sourire durant tout le défilé des 44 cardinaux qui a duré près d’une heure, Jean-Paul II a en particulier chaleureusement embrassé le cardinal Jean-Baptiste Re, ancien Substitut de la secrétairerie d’Etat et préfet de la Congrégation pour les évêques, ainsi que le cardinal Crescenzio Sepe, ancien secrétaire du comité pour le jubilé.
Pas de barrette pour les «orientaux»
Seuls les deux patriarches orientaux – Ignace Moussa I Daoud, patriarche émérite d’Antioche des Syriens et Stéphanos II Ghattas, égyptien, patriarche d’Alexandrie des Coptes -, ainsi que l’archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens, le cardinal Lubomyr Husar, n’ont pas reçu la barrette – le cardinal Ghattas s’est fait remettre par le pape son chapeau rouge de patriarche. Ils étaient par ailleurs les seuls à être habillés de leurs habits d’origine correspondant à leurs rites.
Après avoir reçu la barrette, et avant la bénédiction pontificale, les 44 nouveaux cardinaux ont retrouvé les 80 autres présents sur le parvis de la basilique Saint-Pierre pour leur donner l’accolade.
«Qui veut être grand parmi vous se fera votre serviteur», a déclaré Jean Paul II dans son discours aux nouveaux cardinaux, citant l’évangile de saint Marc. «Cette phrase est aujourd’hui particulièrement retentissante pour vous», a-t-il ajouté. «L’Eglise ne se laisse pas guider par des calculs et des puissances humaines, mais par le témoignage cohérent donné par les Apôtres, les martyrs et les saints», a ajouté Jean Paul II. Pour lui, les nouveaux cardinaux sont appelés à «un témoignage qui peut exiger l’héroïsme du don total de soi à Dieu et à ses frères». «Chaque chrétien, a-t-il toutefois ajouté, est aussi appelé à une fidélité sans compromis qui peut également demander l’extrême sacrifice».
Pour le pape, ce témoignage est toujours d’actualité et doit se faire de manière plus «urgente», en particulier face aux «énormes potentialités» du progrès scientifique et technique. «Il ne faut pas faire autre chose que de poursuivre son devoir, dans la confiance et la paix», a-t-il précisé, citant une le bienheureux Pie IX le jour de la création comme cardinal de John Henry Newman – dont on fêtait le 21 février le bicentenaire de sa naissance -, prêtre anglican d’origine anglaise entré dans l’Eglise catholique en 1845. Pour Jean Paul II, cette parole du pape Pie IX, qu’il a qualifié de «grand homme de l’Eglise», constitue un «encouragement» à être des témoins.
Des faiblesses qui représentent un témoignage
Le cardinal Jean-Baptiste Re a pour sa part insisté sur le fait que l’Eglise a également «besoin» de Jean Paul II, malgré ses «forces physiques qui diminuent». Ces faiblesses représentent le «témoignage de la prière et de la souffrance au bénéfice de l’Eglise», a-t-il expliqué.
Plus de 35’000 personnes étaient présentes sur la place Saint-Pierre pour la cérémonie du consistoire. 250 journalistes ont par ailleurs été accrédités temporairement – pour la cérémonie – auprès de la salle de presse du Saint-Siège, en plus des 400 déjà accrédités en permanence. Cette céléébration a ainsi été retransmise en direct sur 180 radios, 74 télévisions et couverte par 40 agences de photos.
Dans l’après-midi du 21 février, les nouveaux cardinaux devaient recevoir familles et amis dans différentes salles du Vatican mises à leur disposition, à savoir la salle Paul VI et le premier étage du Palais apostolique. (apic/imed/bb)



