Rome: La curie romaine peut s’améliorer, reconnaît le cardinal Sodano
Mais elle ne mérite pas d’être accusée de «centralisme excessif»
Journée jubilaire pour la curie romaine
Rome, 22 février 2000 (APIC) La curie romaine peut s’améliorer, mais ne mérite pas d’être accusée d’être la cause d’un centralisme romain excessif, estime le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Sodano. Rome vivait mardi à l’heure de la journée jubilaire pour la curie romaine, avec une intervention du pape Jean Paul II.
Il n’y a pas de «centralisme romain» dont la curie romaine serait la principale coupable, même s’il peut y avoir «des choses à corriger et à améliorer» dans son fonctionnement, a-t-il déclaré mardi à Radio Vatican.
Selon lui, la curie romaine est victime du fait qu’il y a aujourd’hui un grand «sens du péché ’d’autrui’». «On survole ses propres responsabilités et l’on recherche parfois un alibi dans l’incrimination des structures sociales et des institutions comme telles».
«Dans une situation de ’village global’ – comme on aime définir aujourd’hui notre planète -, il ne faut pas s’étonner que les liaisons avec le centre de la communion catholique aient augmenté par rapport aux siècles précédents», fait remarquer le cardinal. «La configuration concrète de la curie et de son activité est évidemment liée aux exigences imposées par les temps».
Pour le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, la curie romaine cherche surtout à être «une structure de service dont le pape se sert dans l’exercice quotidien de son ministère», dans l’esprit de la Constitution apostolique sur la curie romaine «Pastor Bonus», publiée par Jean-Paul II en novembre 1998.
«Bien sûr, la curie est composée d’être humains, sujets comme tous à des limites et des faiblesses, et les fautes des personnes singulières peuvent se répercuter sur les institutions et en quelque sorte se cristalliser sur elles», reconnaît-il. Et d’ajouter en conclusion qu’il ne faut donc pas exclure qu’il y ait des choses à corriger et à améliorer. «L’engagement de conversion auquel le Jubilé nous invite ne manquera pas d’exercer une influence positive même dans ce domaine».
Célébration avec le pape
«Le ministère de Pierre ne se fonde pas sur les capacités et sur les forces humaines», a de son côté affirmé Jean Paul II le 22 février, en s’adressant aux quelque 4’000 membres de la curie romaine rassemblés dans la basilique vaticane pour leur journée jubilaire.
«Le ministère de Pierre se fonde sur la prière du Christ qui implore le Père pour que la foi de Simon ne défaille pas», a alors expliqué le pape. «Malgré son péché et ses limites, le Christ l’a choisi et l’a appelé à une charge très haute, celle d’être le fondement de l’unité visible de l’Eglise et de confirmer les frères dans la foi». Pour le pape, c’est cet appel du Christ qui rend Pierre capable «d’accomplir son service au milieu de ses frères», bien qu’il l’ait renié après avoir promis de le suivre jusqu’à la mort.
«L’expérience de la faiblesse humaine de Pierre nous est d’une grande aide» a conclu Jean Paul II. Il nous pousse à «une authentique purification intérieure».
C’est par cette célébration présidée par Jean Paul II, en la Fête de la Chair de saint-Pierre, que s’est terminé le jubilé de la curie Romaine. Dès 10 heures du matin, une longue procession s’était déroulée sur la Place St-Pierre, se formant au pied de l’obélisque pour se diriger vers la porte sainte avant de pénétrer dans l’allée centrale de la Basilique. La veille, une célébration pénitentielle avec une méditation du franciscain Raniero Cantalamessa avait réuni les membres de la curie romaine dans la Basilique.
Environ 4’000 personnes constituent actuellement la curie romaine, parmi elles, 2’581 sont directement au service du Saint-Siège alors que 1’477 sont employées pour le fonctionnement de l’Etat du Vatican. Parmi les personnes directement au service du Saint-Siège, il y a plus de laïcs (1’449 personnes) que de personnes d’Eglise, 1’132 (cardinaux, évêques, prêtres, religieux ou religieuses). Le sexe masculin est en revanche largement supérieur puisque seules 410 femmes travaillent pour le Saint-Siège et 2’171 hommes. Pour ce qui est du fonctionnement de l’Etat du Vatican, les personnes d’Eglise ne sont que 74 et les laïcs 1’403 (1294 hommes et 183 femmes). (apic/imed/pr)




