La réforme doit concerner avant tout les hommes qui y travaillent
Rome: La curie romaine vue par le nouveau secrétaire d’Etat du Saint-Siège
Rome, 20 septembre 2006 (Apic) Le cardinal Tarcisio Bertone, nouveau secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a promis que la réforme de la curie romaine passerait avant tout par un meilleur choix dans les hommes qui y travaillent. Interrogé par l’hebdomadaire catholique italien Famiglia Cristiana daté du 24 septembre, le cardinal Bertone a aussi mis en avant le côté pastoral de sa mission et la nécessité du dialogue de l’Eglise avec l’Islam.
Interrogé sur l’éventualité d’une nouvelle réforme de la curie, le cardinal Tarcisio Bertone a jugé nécessaire «un aggiornamento qui réponde aux requêtes des évêques et aux besoins qui se sont manifestés peu à peu». Cependant, à ses yeux, cette réforme de la curie «doit non seulement concerner la révision des structures, en réunissant ou en modifiant les dicastères selon les circonstances, mais surtout les hommes qui lui donnent son âme, en fonction du plan pastoral que Benoît XVI construit à travers ses discours publics et ses indications personnelles». A la question de savoir si un ’nettoyage’ de l’Eglise s’avérait donc nécessaire, le cardinal Bertone a répondu que «ce ’nettoyage’ demandera une plus grande attention à ceux qui ont la responsabilité des choix dans la sélection de collaborateurs qui répondent aux conditions requises».
Concernant sa nouvelle mission, le cardinal Bertone a expliqué qu’elle se déroulerait sur «deux versants»: «à l’intérieur de la communauté ecclésiale en construisant des rapports avec les épiscopats et les fidèles qui annoncent et témoignent de l’Evangile en tous lieux de la terre, ainsi qu’à l’extérieur en se mettant en relation avec les pays et les peuples du monde entier». Le nouveau secrétaire d’Etat, à qui certains observateurs ont reproché son manque d’expérience diplomatique, a indiqué que la «pastorale était la clef d’interprétation du magistère de Benoît XVI».
L’importance de l’observateur aux Nations Unies
«Par le passé, l’Eglise n’a jamais eu peur d’intervenir et de dénoncer, et se sera ainsi à l’avenir, à propos des toutes les questions essentielles: de la défense de la vie à la lutte contre tout abus sur la personne humaine, de la défense de la paix à la sauvegarde de la création», a aussi assuré le cardinal italien. En ce sens, a-t-il souligné, «l’amplification du statut de notre observateur auprès des Nations unies est extrêmement nécessaire».
Le cardinal Bertone a énoncé ensuite d’autres questions essentielles comme «la dette des pays les plus pauvres», «ce qu’on appelle l’usure internationale», «l’unité des chrétiens» ou encore «les relations et le dialogue avec les grandes religions mondiales, spécialement avec l’Islam». Benoît XVI, a soutenu le secrétaire d’Etat, «a rappelé, lors de son récent voyage en Bavière, la valeur de la pratique religieuse musulmane fervente face à la décadence de l’Occident sécularisé».
Le ’numéro deux’ du Saint-Siège a confié que son premier geste avait été d’aller prier devant la tombe des papes, dans la basilique Saint-Pierre, demandant «une assistance particulière à Pie XII qui a été aussi un grand secrétaire d’Etat, capable d’ouvrir de nouvelles percées dans les rapports avec le monde».
L’hebdomadaire catholique italien rapporte enfin que le cardinal Bertone aurait aperçu Jean Paul II en songe, le 16 août dernier. «J’ai vu Jean Paul II, a ainsi soutenu le haut prélat, dans la chapelle de l’université du Latran, âgé et appuyé sur une canne en bois comme celle que soeur Lucie (la voyante de Fatima décédée en févier 2005 au Portugal, ndlr) lui avait portée du monastère de Coimbra». «Je lui ai confié mes préoccupations à l’approche de cet engagement difficile et, me mettant à genoux, je lui ai demandé une bénédiction spéciale qu’il m’a accordée bien volontiers». (apic/imedia/ami/bb)




