La première dans le monde: entretien avec le recteur
Rome: La Faculté de bioéthique ouvre ses portes en automne
Rome, 4 juin 2001 (APIC) La première Faculté de bioéthique ouvrira ses portes en octobre prochain à Rome. Il s’agit d’une initiative de l’Athénée pontifical «Regina Apostolorum», un centre universitaire ecclésiastique à Rome, mais aussi à New York.
Les questions liées à l’euthanasie, à la manipulation génétique, aux tests génétiques, notamment, interpellent son seulement les scientifiques et les médecins mais aussi les législateurs, les philosophes, les théologiens, entre autres. La vie et la mort de millions de personnes dépendent des réponses à ces questions. Ce sont précisément les thèmes qui seront proposés aux élèves de la nouvelle Faculté.
Pour mieux comprendre les objectifs de cette nouvelle initiative, l’Agence Zenit à Rome s’est entretenu avec le père Paolo Scarafoni, recteur de l´Athénée pontifical «Regina Apostolorum».
Q.: Pourquoi le centre s’intéresse-t-il à un thème comme celui de la bioéthique au point de créer une Faculté?
tP. Scarafoni: La constitution apostolique «Sapientia Christiana», le document pontifical qui oriente les activités des universités ecclésiastiques, demande que celles-ci ne se consacrent pas uniquement à la philosophie et à la théologie mais qu’elles sachent également affronter les problèmes les plus actuels et qui intéressent particulièrement l’Eglise et la société, à la lumière de la Révélation. Aujourd’hui, l’un des domaines qui suscitent le plus d’intérêt est sans aucun doute celui des problèmes liés aux sciences biomédicales et aux comportements liés à la vie humaine, et à la vie en général, c’est-à-dire le domaine de la bioéthique. C’est pour cela que nous avons commencé à nous y intéresser il y a quelques années, notamment avec la réalisation d’un cours de Maîtrise de bioéthique (en collaboration avec le Centre de Bioéthique de l’Université catholique du Sacré-Coeur) et avec l’organisation de quelques congrès sur ces thèmes.
Q.: Mais pourquoi une Faculté de Bioéthique?
P. Scarafoni: Comme vous le savez, la bioéthique est devenue une véritable discipline académique exigeant que l’on y consacre de l’étude et de la recherche. Cette discipline a par ailleurs un fort caractère interdisciplinaire. Une interaction entre différents domaines du savoir comme la philosophie, la médecine, le droit et même la théologie, est nécessaire. Il nous a semblé que le meilleur moyen, presque le seul, pour parvenir à une bonne préparation dans ce domaine, était la réalisation d’un curriculum de formation donnant des bases dans chacun de ces secteurs et de construire ensuite la réflexion bioéthique sur ces bases. Les cours post-universitaires, les congrès, les séminaires d’étude… sont très intéressants mais ils ne permettent pas, parce qu’ils sont limités dans le temps, cette préparation interdisciplinaire et profonde que nous voulons donner aux élèves de notre Faculté avec un programme ambitieux et suffisamment long.
La bioéthique est aussi de plus en plus demandée au niveau professionnel. Ceci va peu à peu créer le besoin d’une formation universitaire adaptée qui garantisse une bonne préparation à des professionnels de la bioéthique.
Q.: A qui s’adresse la faculté et en quoi consiste le programme de formation?
P. Scarafoni: La faculté ouvre ses portes à tous ceux qui s’intéressent aux thèmes de bioéthique, à la promotion de la santé et à la défense de la vie. Aux jeunes qui souhaitent se consacrer professionnellement à la bioéthique ou à des professionnels des secteurs directement liés à la vie; de manière particulière aux prêtres, aux catéchistes et autres agents de la pastorale, engagés de manière spéciale dans l’annonce de «l’Evangile de la Vie».
Le programme de formation est divisé en trois cycles: le baccalauréat, la licence et le doctorat. Au cours des deux années de baccalauréat (précédées d’une année de propédeutique pour ceux qui viennent d’études pré-universitaires) on fournira des bases de philosophie et de théologie, de médecine et de droit. Les élèves pourront également acquérir une bonne connaissance de tous les thèmes de la bioéthique. La licence a pour but l’approfondissement et la spécialisation qui permettent à l’élève l’exercice professionnel de la bioéthique. Le doctorat consiste fondamentalement à rédiger une thèse de recherche offrant un nouvel apport dans cette discipline.
Q.: La première Faculté de bioéthique dans le monde va donc naître dans une université ecclésiastique. Quelles caractéristiques aura cette Faculté?
P. Sacarafoni: La première caractéristique est précisément celle d’être une Faculté, comme vous le précisez; la première au monde, et par conséquent celle de pouvoir offrir un niveau universitaire aussi bien à la formation qu’aux diplômes qui seront remis. Mais il me semble également significatif que cette première faculté de bioéthique naisse dans une université non seulement ecclésiastique mais pontificale. Ceci montre que l’Eglise catholique, ses institutions et ses forces vives, sont toujours présentes à la frontière des problèmes et des aspirations de l’homme. La bioéthique est devenue un domaine de dialogue passionnant et de confrontation autour de certains des thèmes qui nous touchent le plus comme la santé, le respect de la personne humaine et la vie. L’Eglise a beaucoup à dire dans ces domaines et veut le dire dans un dialogue ouvert avec tous. Notre Faculté de bioéthique pourra être un instrument de plus pour cette tâche, opérant en pleine syntonie avec le magistère de l’Eglise et dans la recherche sincère de la vérité. (apic/zn/pr)



