Messe du cardinal Schönborn au Congrès apostolique
Rome: La foi chrétienne devrait guider la politique, l’économie et les médias
Rome, 6 avril 2008 (Apic) La foi chrétienne devrait guider la vie politique, économique et celle des médias. C’est ce que le cardinal Christophe Schönborn, archevêque de Vienne, a souhaité dimanche 6 avril dans son homélie pour la messe de clôture du premier Congrès apostolique mondial sur la Miséricorde, dans la basilique Saint-Jean de Latran, à Rome.
Parlant de l’expérience des disciples en marche vers Emmaüs, le cardinal a souligné «combien nous est compréhensible leur désillusion. Nous aussi nous souhaitons souvent un christianisme victorieux, un succès tangible, un pouvoir terrestre du christianisme. Et nous souhaitons ainsi quelque chose de bon et beau : que la foi chrétienne détermine la politique, l’économie, la ’place publique’ des médias», a déclaré le cardinal.
«Nous retenons que ceci serait une bénédiction pour nos pays», a-t-il poursuivi. Mais, a-t-il regretté, «au contraire les choses vont souvent dans un autre sens». «La soif du pouvoir, la corruption, les intérêts économiques dominent souvent de nombreux pays. Les pauvres souffrent, l’injustice domine, la justice sociale connaît de graves violations», a relevé le cardinal autrichien, avant de s’interroger : «Dieu est-il en train de regarder ? Sa justice est-elle impuissante ?».
«Il y a ainsi aujourd’hui de nombreuses personnes qui perdent leurs illusions. (.) Elles laissent le Christ et sa communauté. Elles cherchent une autre maison, différente de la communion avec Jésus. Elles réussissent à ne voir en Jésus qu’un prophète (.) et non le messie (.), un homme exceptionnel mais pas Dieu qui s’est fait homme», a expliqué le cardinal dominicain.
De la parole aux actes
Ainsi, «il reste difficile de croire», a-t-il poursuivi, avant de conclure : «L’histoire des ’succès’ du christianisme n’est pas l’histoire de triomphes militaires ou politiques, mais le ’triomphé de la Miséricorde vécue. Seule, elle est convaincante. Les paroles peuvent être belles, mais elles sont seulement des paroles. Les actes de miséricorde sont au contraire incontestables».
Le premier Congrès apostolique mondial de la miséricorde, organisé à Rome du 2 au 6 avril 2008, a vu la participation de nombreux prélats. Au moins 7 cardinaux ont participé à cette rencontre parmi lesquels Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche), président du Congrès, et Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie (Pologne) et ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II (1978-2005).
L’ouverture de ce congrès a coïncidé avec le jour anniversaire de la mort de Jean Paul II, le 2 avril. L’initiative de ce congrès mondial est en effet née avec la mort du pape polonais, à la veille du dimanche consacré à la Miséricorde divine, fête que Karol Wojtyla avait institué le 30 avril 2000, le jour de la canonisation de sainte Faustine Kowalska (1905-1938). (apic/imedia/hy/pr)



