Rome: La Fondation «Centesimus annus Pro Pontefice» planche sur l’éthique et la finance
Le pape veut une garantie éthique dans les transactions financières
Rome, 13 septembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II encourage la mise en place d’organismes internationaux afin de garantir le caractère éthique des transactions financières pour les orienter vers la recherche du bien commun, au cours d’une session tenue le 11 septembre 1999 à Castel Gandolfo, avec les membres de la Fondation vaticane «Centesimus annus Pro Pontefice». Ceux-ci étaient rassemblés pour une réflexion sur le thème «Ethique et finance».
La Fondation «Centesimus annus Pro Pontefice», qui compte aujourd’hui 111 fondateurs et 97 adhérents, a été instituée par Jean Paul II en 1993. Elle est chargée d’approfondir l’enseignement social de l’Eglise pour aborder les questions liées à la paix, la solidarité, le travail, la globalisation, ou encore l’immigration.
Sur le thème de la finance dans l’économie, le pape a souligné que la multiplication des transactions financières pose des questions éthiques, du fait qu’il est possible aujourd’hui de créer rapidement de grandes richesses sans rapport avec une quantité définie de travail effectué.
Face à cette situation «assez délicate», Jean Paul II souhaiterait voir des organismes internationaux proposer des cadres juridiques pour orienter l’économie vers le bien commun. Le pape encourage pour cela ceux qui travaillent dans la finance à élaborer des «codes éthiques», et les responsables de la communauté internationale à adopter des «instruments juridiques appropriés». Pour Jean Paul II, il est possible d’oeuvrer «de manière loyale et constructive», même à l’intérieur d’un secteur très exposé à la spéculation.
Eviter des situations cruciales
Le but, explique-t-il, est d’éviter dans certaines «situations cruciales» des «conséquences désastreuses», en particulier pour les plus démunis, dans les domaines économique, social et politique. Il y a là un «devoir de justice», estime le pape, spécialement pour les chrétiens.
«Les processus de globalisation des marchés et des communications ne possèdent pas en eux-mêmes une connotation éthiquement négative», a encore affirmé Jean Paul II, pour qui leur condamnation a priori est injustifiée. Toutefois, a-t-il mis en garde, ils peuvent avoir des conséquences négatives s’ils ne sont pas soutenus par la conviction ferme de la primauté de la personne humaine, et du principe que les biens de la terre sont destinés à tous.
La Fondation «Centesimus annus Pro Pontefice» prépare pour cette année le Jubilé des «opérateurs financiers», dans le cadre du Jubilé du monde du travail célébré le 1er mai 2000. Elle prévoit d’organiser, la veille de cette journée, un congrès international sur le thème «Ethique et finance». (apic/imed/pr)




