Rome: La langue française de moins en moins présente dans l’expression du Saint-Siège
Regret d’un prélat français: les Italiens ont «repris le pouvoir»
Rome, 25 avril 2007 (Apic) Le français est de moins en moins utilisé dans l’expression du Saint-Siège, a confié à l’agence I.MEDIA un prélat en poste à Rome. Originaire de l’Hexagone, cette personnalité estime que la langue française est désormais «marginalisée» au profit de l’italien. Un membre de la curie a en réalité constaté, avec regret, que les Italiens avaient «repris le pouvoir» au Vatican depuis l’élection de Benoît XVI.
Le prélat en poste à Rome, qui a tenu à garder l’anonymat, a scruté la place faite à la langue française dans les derniers événements du Saint-Siège et les prises de paroles de Benoît XVI. Le français est ainsi, d’après lui, désormais «réduit au strict minimum» et subit «une régression sans précédent».
Le français réduit à la portion congrue ?
Parmi de nombreux exemples, il note que la lettre de Benoît XVI à la chancelière allemande récemment diffusée au Vatican a été seulement proposée à la presse en deux langues outre l’allemand: l’italien et l’anglais.
La présentation, le 13 avril dernier, du livre de Benoît XVI Jésus de Nazareth n’a également été effectuée qu’en italien et le dossier distribué à la presse n’était traduit qu’en allemand et en anglais. Sans parler de la traduction du livre du pape en français, qui ne devrait pas être disponible avant la fin du mois de mai.
Cet ecclésiastique regrette essentiellement le quasi-monopole de la langue italienne dans l’expression du Saint-Siège et juge que, «pour le siège d’une communauté internationale, le poids de cette langue, au regard même de son aire géographique mondiale, est réellement surévalué».
Pour lui, une langue est le véhicule d’une culture, d’un mode de pensée, de l’actualité d’un peuple, or le français est plus qu’une langue régionale, «rang auquel il semble aujourd’hui être relégué dans l’expression du Saint-Siège».
Il fait enfin part d’un danger, celui d’un accroissement de la distance culturelle entre les pays francophones et le Saint-Siège. Il craint aussi, en conséquence, que l’image d’une papauté amie de la France et de la culture française ne subisse quelques dommages.
Un membre de la curie, également interrogé par I.MEDIA, a pour sa part estimé qu’il s’agissait moins de la disparition de la langue française que de «l’omniprésence des Italiens» au Saint-Siège. Il a ainsi affirmé que ceux-ci «avaient repris le pouvoir» depuis l’élection de Benoît XVI. (apic/imedia/ami/be)



