Défense de la dignité humaine avant tout

Rome La lutte contre le terrorisme ne doit pas se faire au détriment des droits de l’homme

Rome, 23 avril 2007 (Apic) La lutte contre le terrorisme ne doit pas se faire en sacrifiant les droits humains fondamentaux, a affirmé le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, le cardinal Renato Raffaele Martino. Il s’exprimait le 23 avril lors de l’ouverture d’un séminaire des aumôniers catholiques et des membres d’aumôneries de l’aviation civile sur le thème du terrorisme. Organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, ce séminaire prendra fin le 26 avril prochain.

Le cardinal Martino a ainsi affirmé que «nous avons le droit de nous défendre contre le terrorisme». «L’effort des organisations internationales pour protéger les citoyens contre les attaques terroristes et pour identifier les terroristes avant qu’ils puissent entrer en action est méritoire et bienvenu», a-t-il estimé.

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a cependant invité à prendre soin de ne pas sacrifier les droits humains fondamentaux au nom de la sécurité. Ainsi, selon lui, il ne faut jamais donner aux terroristes la possibilité de dénoncer une violation de ces droits par les Etats car, aux yeux de certains, cela ne peut qu’exalter les préjudices qu’ils utilisent pour justifier leur comportement aberrant.

«Les inégalités et les abus qui existent dans le monde n’excusent pas les actes terroristes», a aussi souligné le cardinal Martino. «De fait, a-t-il ajouté, il ne peut y avoir aucune justification pour la violence et le mépris à l’égard de la vie humaine».

Le haut prélat a aussi souligné l’importance que les responsables religieux montent en première ligne pour dénoncer publiquement le terrorisme, pour proclamer que l’incitation à la haine et à la violence est antithétique avec la religion authentique et refuser ainsi aux terroristes toute forme de légitimité religieuse ou morale.

«Abominable phénomène du nouveau millénaire»

Pour le cardinal Martino, l’attaque des tours du World Trade Center de New York, le 11 septembre 2001, constitua un événement historique. «Non pas que le terrorisme n’existât pas auparavant, mais parce que ce jour-là le monde entier se sentit vulnérable», a-t-il expliqué. «Depuis lors le monde a, d’une certaine façon, perdu son sentiment de sécurité et vit dans un état de crainte».

Lors de l’ouverture de ce congrès, Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a aussi estimé que le terrorisme était un abominable phénomène du nouveau millénaire. «Ses méthodes déloyales de frapper des gens innocents qui ne s’y attendent pas et qui ne peuvent donc pas se défendre le rendent encore plus détestable», a-t-il affirmé, regrettant qu’à cause de cela, bien des gens passent par les aéroports ou embarquent dans les avions avec, parfois, un sentiment d’insécurité et de crainte.

Des experts des Nations unies et de l’Association internationale du transport aérien (IATA) interviendront durant ce séminaire, ainsi que les deux aumôniers des aéroports new-yorkais de Newark aux Etats-Unis et de l’aéroport de Heathrow (Londres), qui donneront le témoignage de ce qu’ils ont vécu lors des attaques terroristes du 11 septembre pour l’un et la découverte de projets d’attentats pour l’autre. Les participants au séminaire prendront part, le 25 avril, à l’audience générale de Benoît XVI. (apic/imedia/ami/js)

23 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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