Rome: La lutte contre le trafic des êtres humains au centre d’un congrès à Rome

La «nouvelle forme d’esclavage du 21e siècle»

Rome, 12 juin 2009 (Apic) Le père Eusebio Hernández Sola, membre de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, a qualifié le trafic des êtres humains de «nouvelle forme d’esclavage du 21e siècle».

Le religieux augustinien est intervenu vendredi au Vatican au cours d’une conférence de presse de présentation d’un congrès sur ’le réseau des religieuses contre le trafic des êtres humains’ qui aura lieu à Rome, du 15 au 18 juin prochains, à l’initiative de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de l’Union internationale des supérieures générales.

«Le trafic des êtres humains constitue une nouvelle forme d’esclavage du 21e siècle», a ainsi déploré le père Eusebio Hernández Sola, avant d’estimer que celui-ci «porte atteinte à la dignité et à la liberté de tant de femmes et de mineurs, mais aussi aujourd’hui de jeunes en général et d’hommes, venant le plus souvent de pays pauvres».

Selon des données de la Commission européenne, ce trafic touche en effet 12,5 millions de personnes à travers le monde, dont au moins 500 000 dans le vieux continent.

En outre, le père Hernández Sola a affirmé que le commerce des êtres humains constitue un outrage à la dignité humaine et une violation grave des droits fondamentaux de l’Homme. Il a par la suite rappelé que «le Concile Vatican II avait déjà défini l’esclavage, la prostitution, le marché des femmes et des jeunes comme ’honteux’».

«Il est nécessaire de beaucoup travailler à la formation des jeunes dans les écoles et dans les paroisses pour forger en eux la valeur du respect de la personne, dont la dignité ne peut jamais être réduite à l’état de marchandise», a ainsi demandé le père Eusebio Hernández Sola. «La répression et la punition, a-t-il poursuivi, ne servent pas si les consciences ne sont pas formées aux vraies valeurs, humaines et chrétiennes».

A 3 jours de l’ouverture du congrès, le religieux espagnol a annoncé que le «drame rude et humiliant de tant de femmes victimes de la souffrance», ainsi que «le rôle de tant de religieuses (…) qui ont su risquer et répondre avec courage à ce nouveau défi» devraient être soulevés. Il a ensuite souligné que «ces nouvelles formes de pauvreté (…) rappellent que la vie religieuse est appelée, par vocation, à exercer un rôle prophétique dans la société et dans l’Eglise d’aujourd’hui».

Le père Hernández Sola est également revenu sur les paroles de Benoît XVI qui dénonçait, lors de son Message pour la Journée mondiale de la paix 2007, «le manque de respect pour la dignité de la femme, la souffrance, la discrimination et les violences contre les femmes sous toutes les formes».

Plusieurs religieuses de différentes congrégations engagées dans la lutte contre le trafic des êtres humains étaient également présentes à cette conférence, dont une salésienne qui a déploré qu’»une grande partie de la demande provient aussi de maris et pères de famille qui se disent chrétiens pratiquants».

Le Congrès 2009, le deuxième organisé par l’OIM et l’Union internationale des supérieures générales, et financé par le gouvernement des Etats-Unis, sera ouvert, le 15 juin prochain par Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. (apic/imedia/lb/pr)

12 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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