« Pas un obstacle au dialogue », estime-t-il
Rome : La nouvelle « prière pour les juifs » vue par le cardinal Kasper
Rome, 7 février 2008 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme, a estimé que la nouvelle prière pour la conversion des juifs du missel tridentin n’était pas «un obstacle au dialogue».
C’est ce qu’il a souligné jeudi dans une interview accordée au quotidien italien « Corriere della Sera ». Après les modifications apportées par Benoît XVI à cette prière, retirant les appels contestés à « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement » mais appelant à leur conversion, l’assemblée des rabbins italiens a demandé une « pause de réflexion dans le dialogue avec les catholiques ».
«Nous pensons raisonnablement que cette prière ne peut devenir un obstacle au dialogue, parce qu’elle reflète la foi de l’Eglise et du reste, les juifs aussi ont dans leurs textes liturgiques des prières qui ne nous plaisent pas à nous, chrétiens», a ainsi estimé le cardinal Kasper. « Cela doit être accepté et respecté dans la diversité ».
Il s’agit d’un texte de l’apôtre Paul qui « exprime l’espérance eschatologique – c’est-à-dire en référence aux temps derniers, à la fin de l’histoire – que le peuple d’Israël entre aussi dans l’Eglise quand tous les autres peuples y entreront », a ensuite expliqué le prélat allemand. « Je veux dire que cela exprime une espérance finale et non la proposition de partir en mission parmi eux ».
Dans cette interview, le cardinal Kasper a aussi affirmé que l’Ecriture était un texte normatif pour les catholiques. Selon lui, personne ne devrait prendre « comme une offense le fait que nous soyons fidèles à nos Ecritures, quand il est clair – comme c’est ici le cas – que nous n’en donnons pas une interprétation offensive ».
« Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi les juifs ne peuvent accepter que nous jouissions de notre liberté dans la formulation de nos prières », a ajouté celui qui est aussi président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. « Des choses très mauvaises ont été faites, lorsqu’on voulait contraindre les juifs à la conversion », a-t-il reconnu. « Nous comprenons le mauvais souvenir de faits pour lesquels nous avons demandé pardon. Mais nous avons plus de difficulté à comprendre comment on ne peut accepter le témoignage de notre foi quand celle-ci est exprimée dans le plein respect de la foi d’autrui », a-t-il ajouté.
Inacceptable
Suite à la modification de cette prière, rendue publique le 5 février 2008, l’Assemblée des rabbins italiens, dans un communiqué paru le lendemain, a demandé « une pause de réflexion dans le dialogue avec les catholiques afin de comprendre vraiment quelles sont leurs intentions ».
A leurs yeux, l’adoption d’une telle formule liturgique contredit nettement et dangereusement au moins quarante ans d’un dialogue souvent difficile et tourmenté entre judaïsme et catholicisme, qui semble ainsi n’avoir donné aucun résultat concret. Et de regretter ce qu’ils considèrent comme « inacceptable : « Une idée du dialogue ayant pour finalité la conversion des juifs au catholicisme ». (apic/imedia/ms/pr)



