Pour le cardinal Kasper tout peut encore être discuté

Rome: La question de l’accès à la communion des divorcés-remariés est encore ouverte

Rome, 24 octobre 2005 (Apic) La question de l’admission des divorcés- remariés à la communion peut encore être discutée, même après la conclusion du synode. C’est ce que le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a expliqué lundi à Rome au cours d’une conférence de presse au siège de l’Association italienne de la presse étrangère.

«Je ne peux pas imaginer que la discussion soit close» a déclaré le cardinal allemand. «C’est une question qui existe et sur laquelle on doit réfléchir pour pouvoir y répondre». C’est «un problème pastoral constant. J’ai été évêque pendant dix ans et chaque évêque dans chaque pays occidentaux sait ce qu’est ce grave problème» a-t-il affirmé.

Le cardinal a alors rappelé que les propositions du Synode des évêques sur l’Eucharistie rendue publiques le 22 octobre – qui rappellent l’impossibilité pour les divorcés-remariés d’accéder à la communion – «n’en sont pas le résultat final. Le synode n’est pas fini, car après les propositions, il y aura l’Exhortation apostolique et au cours du synode nous avons entendu les voix de chacun, pas uniquement de la majorité».

«Le pape au cours de sa rencontre avec le clergé du diocèse d’Aoste lors de ses vacances dans le Val d’Aoste l’été dernier, a invité à réfléchir sur de tels cas. C’est aussi mon opinion» a déclaré le cardinal Kasper.

Hommes mariés: la porte n’est pas fermée

Le cardinal n’a pas non plus fermé la porte à l’ordination d’hommes mariés. Une «voie à ne pas suivre» selon les propositions finales du Synode. «Je suis convaincu que le célibat est un don pour l’Eglise et nous ne devons pas l’abandonner. Pourtant, dans certains cas, il serait souhaitable de voir aussi les «viri probati» comme une hypothèse qui reste ouverte et que nous devons réaliser sans abandonner le célibat».

Le cardinal Kasper qui intervenait sur l’oecuménisme a par ailleurs déclaré que Benoît XVI, tout comme Jean Paul II, espérait pouvoir se rendre à Moscou. Pour autant, ceci n’est pas possible dans l’immédiat, même si «la glace avec le patriarcat de Moscou a été rompue». Avant une telle rencontre, le patriarche orthodoxe Alexis II voudrait voir régler les problèmes du prosélytisme et de l’uniatisme, a expliqué le cardinal Kasper, dont le dicastère travaille à faciliter le règlement de ces questions. «Je ne vois pas un tel voyage l’an prochain» a encore indiqué le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

En ce qui concerne le dialogue officiel entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, le cardinal a cependant réaffirmé qu’il allait reprendre. Les membres du conseil préparatoire de la Commission théologique internationale, qui ne s’est pas réunie depuis 2000, se rassemblera à Rome au mois de décembre prochain pour préparer une réunion plénière de la Commission en 2006. Cette dernière pourrait se dérouler à l’invitation de l’Eglise orthodoxe de Serbie.

Enfin, interrogé sur sa proposition faite à Bari en mai dernier de réunir un synode commun aux catholiques et aux orthodoxes, le cardinal Kasper a estimé qu’il s’agissait plus «d’une formule rhétorique» que «d’une proposition concrète» pour aujourd’hui ou demain. (apic/imedia/hy/pr)

24 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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