Le cardinal Trujillo opposé à Mgr Kasper
Rome: La question de la communion des divorcés remariés n’entre pas en ligne de compte
Rome, 27 octobre 2005 (Apic) Le cardinal Alfonso Trujillo n’est pas d’accord avec le cardinal Walter Kasper sur la question de la communion des divorcés remariés. Le second laissait une porte ouverte, que le «ministre de la famille» du Vatican vient de refermer. Les deux prélats ont ainsi affiché deux points de vue différents en moins de cinq jours.
A propos d’une éventuelle ouverture de l’Eglise concernant l’accès à la communion des divorcés remariés, «la question n’est pas ouverte», répond en effet le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, au cardinal Kasper, par le biais d’une déclaration à La Repubblica. Le cardinal, président du Conseil pontifical pour la famille, fait ainsi savoir à son homologue du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal Walter Kasper, qu’il n’est pas d’accord.
Dans une interview publiée le 27 octobre 2005 par le quotidien italien La Repubblica, le cardinal Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, a ainsi affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une question ouverte. Il s’oppose ainsi aux propos tenus quatre jours plus tôt par le cardinal Kasper, au lendemain de la clôture du Synode des évêques sur l’Eucharistie. «Tous ces propos – comme si on laissait une porte ouverte vers le futur en créant des attentes d’un changement possible – ne me semblent pas acceptables», a déclaré le cardinal Lopez Trujillo, ’ministre de la famille du Saint-Siège’, en réponse au cardinal allemand Kasper. «Le Synode, dans les propositions approuvées, n’a laissé aucun doute sur la doctrine de l’Eglise. Il ne s’agit pas d’une question ouverte», a encore soutenu le cardinal colombien en poste à Rome.
Le cardinal Lopez Trujillo a affirmé que, pour justifier cette position, «le point de vue doctrinal» sur la question est «clair», que «la parole de Dieu elle-même sur l’indissolubilité du mariage est suffisante», tout comme le catéchisme de l’Eglise catholique. «Les soi-disant divorcés remariés – car leur mariage n’est pas un vrai mariage – sont dans une situation objective qui va à l’encontre de la volonté de Dieu et ne leur permet pas de s’approcher de la communion», a-t-il ajouté, confiant pourtant qu’il s’agit de «situations douloureuses et dramatiques, qui sont une blessure que nous faisons également nôtre».
«La Congrégation pour la doctrine de la foi, a révélé le cardinal Lopez Trujillo, a répondu en son temps à une lettre de Mgr Kasper (alors évêque, ndlr) et de deux autres évêques allemands». Selon le président du Conseil pontifical pour la famille, ce courrier, «signé par le cardinal Ratzinger (alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ndlr) et approuvé par Jean Paul II», «répétait la doctrine de l’Eglise». «On ne peut mettre en contradiction le pape actuel avec le cardinal Ratzinger», a lancé le cardinal colombien, ajoutant que «aucune modification de cette doctrine n’est possible (.), ce n’est ni question en débat, ni une question à débattre».
Divorcés-remariés: communion seulement si la chasteté est observée
Le cardinal Alfonso Lopez Trujillo a cependant reconnu que le cardinal Kasper était «un grand théologien». A ses yeux, il «a voulu répéter l’aspect pastoral en la matière, et ce qu’il a voulu dire n’a pas été bien compris». Le président du Conseil pontifical pour la famille a enfin expliqué que les divorcés remariés pourront toutefois «recevoir la communion s’ils promettent de vivre en frères et soeurs, sans rapports sexuels».
«Je ne peux pas imaginer que la discussion soit close», avait déclaré le cardinal Walter Kasper devant la presse étrangère à Rome, le 24 octobre 2005, à propos de l’admission des divorcés remariés à la communion. Au lendemain de la clôture du Synode des évêques sur l’Eucharistie, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens avait ainsi expliqué qu’il s’agissait d’une question «qui existe et sur laquelle on doit réfléchir pour pouvoir y répondre».
Dans leurs propositions, les pères synodaux avaient rappelé l’impossibilité pour les divorcés remariés d’accéder à la communion, ce que le cardinal Kasper avait refusé de voir comme un «résultat final», confiant attendre l’Exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI (apic/imedia/ami/vb/pr)



