Rome: La question du travail sera un point crucial du pontificat de Benoît XVI

Le cardinal Majella Agnelo s’attend à «une intervention décisive»

Rome, 5 mai 2005 (Apic) La question du travail et de la priorité de l’homme sur la rentabilité sera un «point crucial» du pontificat de Benoît XVI, a estimé le cardinal Geraldo Majella Agnelo, archevêque de Salvador de Bahia, dans le quotidien italien «Corriere della Sera» en date du 4 mai 2005.

Le président de la Conférence épiscopale brésilienne s’attend en outre à «une intervention décisive» du pape sur ce sujet dans «les prochaines années». «Cela peut prendre la forme d’un document, d’une encyclique, nous verrons cela».

Concernant le contenu de ce texte hypothétique, le président de la Conférence épiscopale brésilienne a expliqué qu’il «voudrait que soit abordée la question du travail, «aujourd’hui en second plan par rapport à l’économie». «Une réflexion sur un monde où les personnes sont mises à part en faveur des machines, et où les postes de travail continuent à diminuer». «La perte qui s’ensuit est celle de la dignité humaine», a-t-il regretté.

Ni à gauche, ni à droite.

Interrogé sur le fait que le pontificat à peine commencé puisse ne pas être en totale syntonie avec les thématiques centrales en Amérique latine, à savoir la lutte contre la pauvreté et le sous-développement, le cardinal a répondu «je pense exactement le contraire. Le pape Benoît XVI a de grandes capacités d’analyse et de réflexion, et il laissera quelque chose d’important. La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas un code rigide et tous les pontifes ont avancé dans ce domaine depuis l’Encyclique Rerum Novarum», proclamée par le pape Léon XIII en mai 1891 et qui fonde la doctrine sociale de l’Eglise contemporaine.

Devant une question portant sur l’Eglise brésilienne, parfois qualifiée de progressiste, puisque particulièrement orientée sur les thèmes sociaux, le cardinal a répondu «nous n’admettons pas cette étiquette». «Je crois que tout le clergé – et je dirais tous les baptisés – doivent être conservateurs dans le domaine de la foi, où l’on ne peut faire de concessions sur des thèmes cruciaux comme celui du divorce ou de l’avortement, a-t-il justifié, mais progressiste quand il s’agit de défendre la justice et la vie».

«Ici au Brésil, comme dans le reste du monde, le défi crucial reste celui de l’évangélisation», a affirmé celui qui reproche au gouvernement brésilien de ne pas affronter directement les questions sociales, d’éducation, de santé et de travail, «sans lesquelles il n’existe pas de promotion humaine». «Il est évident que chez nous des choix s’imposent, comment relever ce défi dans une situation où dominent la misère et la faim».

La théologie de la libération?

S’exprimant enfin sur la ’théologie de la libération’, le cardinal a expliqué qu’elle avait «certainement apporté sa contribution», mais «qu’après ses années de splendeur, le Vatican a bien fait d’intervenir quand on a tenté d’associer l’évangélisation avec les idéologies externes, comme la lutte des classes». «La théologie de la libération n’a pas disparu, mais a progressé», a encore commenté l’archevêque de Salvador de Bahia. «Aujourd’hui on parle de libération qui non seulement est le progrès matériel, mais aussi la croissance de l’homme dans son ensemble». Et «beaucoup de ces thèmes font partie de notre projet d’évangélisation», a-t- il conclu. (apic/imedia/ar/pr)

5 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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