Rome: La religieuse française «guérie par l’intercession» de Jean Paul II» témoigne

«Un grand mystère difficile à expliquer avec les mots»

Rome, 16 mai 2006 (Apic) La religieuse française guérie de la maladie de Parkinson, en mai 2005, «par l’intercession miraculeuse de Jean Paul II», a témoigné dans la revue «Totus Tuus». «Ce que le Seigneur m’a donné de vivre par l’intercession de Jean Paul II est un grand mystère, difficile à expliquer par les mots», écrit-elle dans le numéro 2 de la revue de la postulation de la cause de béatification du pape polonais.

La maladie avait été diagnostiquée en 2001, les symptômes s’étaient progressivement aggravés : accentuation des tremblements, rigidité, douleurs, insomnies. «Une constante aggravation», explique ainsi la religieuse sous couvert d’anonymat, dans un témoignage publié dans la revue, en italien. A cette maladie, s’ajouta un autre «coup», celle de la sensation d’un grand vide suivant la mort de Jean Paul II. «J’avais perdu l’ami qui me comprenait et me donnait la force d’aller de l’avant», confie-t-elle. «Mais j’avais la certitude de sa présence vive», rapporte-t-elle.

Le 13 mai 2005, alors que le pape polonais est mort depuis un peu plus d’un mois, la religieuse française engagée dans l’assistance aux mères en difficulté, écoute l’annonce de Benoît XVI de l’ouverture du procès en béatification et en canonisation de Karol Wojtyla.

Le jour suivant, une chaîne de prière est lancée de toutes les communautés françaises et africaines de sa congrégation, dont le nom est aussi tenu secret. La religieuse réfléchit sur le passage «si tu crois, tu verras la gloire de Dieu», extrait de l’Evangile de saint Jean. Elle peine à rester debout. Elle écrit le nom Jean Paul II, avec difficulté.

Quelques heures après, elle se remet à écrire, mais «avec plus de facilité», poursuit-elle dans son court récit. Et, deux mois après la mort de Jean Paul II (le 2 avril 2005), au coeur de la nuit, la religieuse se lève. Elle ne sent «plus de douleurs, aucune rigidité». Irrésistiblement poussée à aller prier devant le Saint Sacrement, elle y adore longuement, avec une profonde paix. Elle médite est sur les mystères lumineux.

«J’avais l’impression d’être née à nouveau»

C’est alors qu’apparaît une légèreté dans les mouvements qu’elle n’a plus depuis quatre ans. Puis, elle affirme que le jour de la fête du Sacré coeur de Jésus, le 3 juin, «à la sortie de la messe, je suis certaine d’être guérie». «Ma main ne tremble plus», explique-t-elle. Le neurologue est en effet surpris de constater la disparition de tous les symptômes de la maladie. La congrégation commence une neuvaine à Jean Paul II. «J’avais l’impression d’être née à nouveau», confie aussi la religieuse.

«Aujourd’hui, je peux dire que l’ami qui a laissé notre terre est maintenant très proche de mon coeur: ce que le Seigneur m’a donné de vivre par l’intercession de Jean Paul II est un grand mystère, difficile à expliquer par les mots… mais rien n’est impossible à Dieu», conclut-elle dans son témoignage anonyme afin de préserver sa tranquillité et le bon déroulement de l’enquête canonique.

Sa guérison a été choisie parmi les différents miracles attribués à Jean Paul II pour son procès en béatification. Le procès de ce miracle s’est ouvert le 17 mars 2006. Le postulateur de la cause et vicaire judiciaire au Tribunal d’appel du Vicariat de Rome, Mgr Slawomir Oder, s’était rendu en France à cette occasion.

Ce dernier avait révélé, le 29 janvier 2006, qu’avant d’être trop malade, la religieuse travaillait dans le service maternité d’un établissement hospitalier en France. En novembre 2005, Mgr Stanislas Dziwisz avait affirmé, au sujet de la sélection d’un miracle effectué par Jean Paul II après sa mort, «il n’y a pas de problèmes avec les miracles parce qu’il y en a beaucoup, vraiment beaucoup». «Ils ont préféré la France peut-être parce que c’est un pays auquel on ne s’attend pas», avait-il encore estimé. D’autres miracles, moins médiatisés, seraient aussi à l’étude. (apic/imedia/ar/pr)

16 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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