Rome: La situation internationale vue par Benoît XVI

«L’urgence d’une réconciliation en Irak»

Rome, 7 janvier 2008 (Apic) Dans son traditionnel tour d’horizon de la situation internationale, Benoît XVI a notamment évoqué l’»urgence» d’une réconciliation en Irak. Le pape l’a fait à l’occasion des voeux adressés au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 7 janvier 2008 au Vatican.

Le pape a également évoqué sa «profonde souffrance» face à la situation au Darfour, son souhait de voir le Liban décider de son avenir librement ainsi que la construction d’une société pacifique au Pakistan. Avec force, le pape a aussi rappelé à l’Europe de ne pas renier ses «racines chrétiennes» et appelé encore une fois à «résoudre la question du programme nucléaire iranien». Il n’a pas oublié non plus la violence actuelle au Kenya ou la situation en Birmanie.

«En Irak (.), la réconciliation est une urgence», a ainsi souligné Benoît XVI, affirmant que, si les attentats terroristes ont diminué, les menaces et les violences continuent, en particulier contre la communauté chrétienne, et le noeud de certaines questions politiques reste à trancher. Dans ce cadre, une réforme constitutionnelle appropriée devra sauvegarder les droits des minorités, a-t-il ajouté.

Devant les diplomates, le pape a aussi invité à poursuivre sans relâche la voie de la diplomatie pour résoudre la question du programme nucléaire iranien, en négociant de bonne foi, en adoptant des mesures destinées à augmenter la transparence et la confiance réciproques.

L’espoir de la conférence d’Annapolis

S’exprimant ensuite à propos du Moyen-Orient, le pape a salué les signes donnés par la récente conférence d’Annapolis (Etats-Unis) «dans la voie de l’abandon du recours à des solutions partielles ou unilatérales, au profit d’une approche globale, respectueuse des droits et des intérêts des peuples de la région». Le pape a aussi appelé Israéliens et Palestiniens à concentrer leurs énergies sur la mise en application des engagements pris à cette occasion et souhaite qu’»ils n’arrêtent pas le processus». Benoît XVI a aussi invité la communauté internationale à soutenir ces deux peuples «avec compréhension pour les souffrances et les craintes de chacun d’entre d’eux».

Dans son long discours en français, Benoît XVI a ensuite souhaité que les Libanais puissent décider de leur avenir librement, invitant les responsables de la vie publique à mettre de côté les intérêts particuliers pour s’engager sur le chemin du dialogue et de la réconciliation. «C’est seulement ainsi que le pays pourra progresser dans la stabilité et être à nouveau un exemple de convivialité entre les communautés», a-t-il ajouté.

L’Afghanistan et la production de drogue

Pour l’Asie, le pape a souhaité que toutes les forces politiques et sociales s’engagent dans la construction d’une société pacifique, «qui respecte les droits de tous» au Pakistan. Il a aussi évoqué l’Afghanistan, mettant en garde sur de «graves problèmes sociaux» comme la production de drogue. Quant au Sri Lanka, «il n’est plus possible de renvoyer à plus tard les efforts pour remédier aux immenses souffrances causées par le conflit en cours». Enfin, le pape a espéré que s’ouvre au Myanmar, avec le soutien de la communauté internationale, (.) une saison de dialogue entre le gouvernement et l’opposition, assurant un respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par ailleurs, concernant l’Afrique, le pape a exprimé sa profonde souffrance face au «sinistre cortège de faim et de mort qui se poursuit au Darfour», souhaitant que l’opération conjointe des Nations unies et de l’Union africaine (.) porte aide et réconfort aux populations éprouvées. Au Congo, Benoît XVI a appelé les parties en conflit à cesser les opérations militaires et à faciliter le passage de l’aide humanitaire. Face à la «brusque éruption de violence» au Kenya, le pape a aussi invité tous les habitants, et en particulier les responsables politiques, à rechercher par le dialogue «une solution pacifique, fondée sur la justice et la fraternité».

Le nouveau statut du Kosovo

Concernant l’Europe, Benoît XVI s’est réjoui des progrès accomplis dans différents pays de la région des Balkans et a encore une fois exprimé le souhait que le statut définitif du Kosovo tienne compte les légitimes revendications des parties en présence. Un statut qui garantisse «sécurité et respect de leurs droits à tous ceux qui habitent cette terre».

Pour Chypre, le pape a souhaité que «dans le contexte de l’Union européenne, on n’épargne aucun effort pour trouver une solution à une crise qui dure depuis trop longtemps». Benoît XVI a affirmé suivre attentivement la période qui s’ouvre avec la signature du ’Traité de Lisbonne’, «une étape qui relance le processus de construction de la ’maison Europe’, qui sera pour tous un lieu agréable à habiter (.) si elle ne renie pas ses racines chrétiennes».

Coopération accrue entre les peuples d’Amérique latine

Rappelant aussi son voyage au Brésil, le pape a dit souhaiter une coopération accrue entre les peuples de l’Amérique Latine et, dans chacun des pays qui la composent, l’abandon des tensions internes, «afin qu’ils puissent converger sur les grandes valeurs inspirées par l’Evangile».

Puis le pape a exprimé sa pensée et ses prières pour «les populations frappées par d’épouvantables catastrophes naturelles» comme les incendies, les ouragans et les inondations qui ont dévasté certaines régions du Mexique et de l’Amérique centrale, ainsi que des pays d’Afrique et d’Asie, en particulier le Bangladesh, et une partie de l’Océanie. Benoît XVI a aussi cité le Pérou touché pendant l’été 2007 par un terrible tremblement de terre. Face à des événements tragiques de ce genre, il faut un engagement commun et fort, a-t-il souligné.

Au cours de son long discours, Benoît XVI a évoqué la mémoire de Bernard Kessedjian, l’ambassadeur de France près le Saint-Siège décédé le 19 décembre 2007. «Que le Seigneur l’accueille dans sa paix !», a ajouté le pape. Le pape a aussi exprimé une «pensée spéciale pour les nations qui n’entretiennent pas encore de relations diplomatiques avec le Saint-Siège». (apic/imedia/ms/vb)

7 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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