Séjour programmé en avril dernier déjà
Rome: La visite du cardinal Tauran à Taipei est privée, dit l’ambassadeur de Taiwan
Rome, 23 novembre 2005 (Apic) La visite du cardinal Jean-Louis Tauran à Taipei est privée, affirme l’ambassadeur de Taiwan près le Saint-Siège, repoussant ainsi les remueurs selon lesquelles ce voyage pourrait préparer Taipei à l’ouverture d’une nonciature à Pékin.
Chou-seng Tou, ambassadeur de Taiwan près le Saint-Siège a affirmé que la visite du cardinal Jean-Louis Tauran à Taipei revêtait un caractère privé. Le diplomate confié mardi à I.Medioa, partenaire de l’Apic à Rome, qu’il s’agissait d’une «coïncidence» si la visite de l’ancien ministre des Affaires étrangères du Vatican avait lieu peu de temps après les déclarations du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, selon lequel Rome serait prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations diplomatiques avec la Chine (Pékin). Le cardinal français Jean-Louis Tauran, Bibliothécaire et Archiviste de la sainte Eglise romaine, ancien secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, effectue un séjour à Taiwan du 20 au 27 novembre 2005.
Selon l’ambassadeur Chou-seng Tou, le déplacement du cardinal Jean-Louis Tauran à Taiwan est «une visite privée» prévue en avril dernier et qui avait été repoussée en raison du décès de Jean Paul II». Les propos de l’ambassadeur taiwanais ont été confirmés par des sources vaticanes.
L’ambassadeur Chou-seng Tou a confié avoir apprécié les déclarations du président américain Bush qui, en visite pour deux jours à Pékin, a suggéré le 20 novembre au gouvernement chinois de renforcer les libertés religieuses, politiques et sociales. «Mon pays et moi-même serions heureux de voir un jour le régime de Pékin respecter enfin les droits de l’homme», a déclaré l’ambassadeur expliquant que «si jamais la liberté religieuse arrive en Chine, d’autres libertés suivront et cela ne sera plus un régime communiste».
Mais au Vatican, les avis sont partagés quant à l’attitude de George Bush. «On peut s’exprimer en son nom propre» devant le gouvernement chinois, explique-t-on, en soulignant «la bonne volonté» possible des déclarations du président américain. Ce qu’il a dit au sujet de la liberté religieuse est «très juste», reconnaît-on encore. Mais il faut réaliser que les Etats-Unis sont «l’ennemi numéro un» des Chinois, que ce que dit George W.Bush «peut être contre-productif», et que les Chinois «n’aiment pas que les uns se mêlent des affaires des autres», estime-t-on. Tout dépend «de la façon» dont les choses ont été dites. Quoi qu’il en soit, il n’existe pas d’axe Etats-Unis Saint-Siège face à la Chine, rapporte-t-on enfin à Rome. (apic/imedia/ami/ar/pr)




