Rome: «Le bloc italien a perdu le contrôle» de l’élection du pape» estime G. Zizola

L’émergence des cardinaux du Sud

Rome, 24 février 1998 (APIC) Le bloc des cardinaux italiens qui fut à une époque absolument hégémonique lors des consistoires chargés d’élire le pape a perdu aujourd’hui le contrôle du tiers des voix nécessaires pour conditionner le succès de quelque candidature que ce soit, estime le vaticaniste Giancarlo Zizola .

Les caractéristiques du Consistoire du 21 février, avec la création de 20 nouveaux cardinaux, ne sont pas à même de modifier les équilibres actuels de ce collège électoral écrit l’auteur du livre «Le successeur» dans le quotidien économique «Il Sole 24 Ore». Même si le nombre de sept italiens sur les vingt cardinaux nommés apparaît élevé, le fait est que le groupe italien, fort de 22 électeurs, ne dépasse même pas le quart des électeurs, explique le journaliste.

La dispersion nationale du collège où 56 pays sont représentées est un des facteurs de la nouvelle dynamique internationale développée par le premier pape non italien depuis un demi-millénaire. Les cardinaux non-européens étaient 15 sur 51 en 1958, ils sont aujourd’hui 66 sur 122 électeurs. L’émergence du groupe des 54 cardinaux du Sud de la planète est également remarquable. Parmi eux se détache le groupe des 23 latino-américains, chez qui certains invitent à chercher le successeur.

Commentant le fait que 85% des cardinaux électeurs aient été nommés par Jean-Paul II, et que parmi eux ne figurent plus un seul cardinal nommé par Jean XXIII et seulement seize nommés par Paul VI, Zizola écrit : «Il serait simpliste de partir de cette constatation pour dire que le futur choix électoral serait une sorte de photocopie des cardinaux crées par ce pontificat. L’histoire des conclaves du XX° siècle, témoigne de l’autonomie des cardinaux dans leur recherche d’une adaptation des équilibres internes aux exigences changeantes de l’Eglise et de la société. L’histoire indique aussi des corrections importantes de tendances des prédécesseurs: ainsi, les cardinaux de Léon XIII ont choisi Pie X (…) jusqu’à la «surprise» du conclave de 1958, où les cardinaux de Pie XII ont choisi Jean XXIII.» (apic/imed/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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