Rome: Le cardinal Angelini demande un procès en béatification pour Jérôme Lejeune
«C’était un chanteur de la vie»
Rome, 20 février 2004 (Apic) «Bienheureux professeur Jérôme Lejeune». C’est le titre souhaité par le cardinal Fiorenzo Angelini pour ce généticien français, premier président de l’Académie pontificale pour la vie, découvreur de la trisomie 21 en 1958 et chantre de la lutte contre l’avortement.
Président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, le cardinal Angelini a demandé l’ouverture d’un procès en béatification pour le professeur Jérôme Lejeune, au cours de son intervention du 19 février, premier jour de l’Assemblée plénière de l’Académie pontificale pour la vie.
«C’était un chanteur de la vie», tels ont été les mots du prélat italien pour décrire celui qui fut le premier président de l’Académie pontificale pour la vie, durant les 33 jours qui précédèrent sa mort, le 3 avril 1994. «Ce fut un scientifique qui vécut sa foi chrétienne dans sa profession, avec héroïsme, parce qu’il a su l’accompagner par la simplicité et par la joie de servir la vie avec un plein dévouement et un total désintérêt», a-t-il continué avant de formuler le souhait de l’ouverture de son procès en béatification.
C’est par des applaudissements que la proposition du cardinal, âgé de 88 ans, a été accueillie dans l’Assemblée. Birthe Lejeune, veuve du professeur français et vice-présidente de la Fondation Jérôme Lejeune, émue, est alors aller embrasser le cardinal italien.
A l’occasion de son voyage en France pour les Journées mondiales de la jeunesse d’août 1997, Jean Paul II avait tenu à rendre hommage à l’illustre scientifique, en allant se recueillir sur sa tombe, en banlieue parisienne.
Le découverte de la trisomie 21 ouvre une nouvelle porte
Le grand généticien français, né en 1926 à Montrouge, découvrit la trisomie 21 en 1958, ouvrant alors la porte à une nouvelle science, la «cytogénétique». Scientifique de renommée mondiale, il fut le premier professeur de génétique fondamentale à la Faculté de médecine de Paris. Directeur de recherche au CNRS et chef de service à l’hôpital Necker Enfants Malades, il tenait à être toujours disponible pour les familles des enfants handicapés qu¹il soignait. En 1974, il devint membre de l¹Académie Pontificale des sciences. En 1981, il fut élu à l¹Académie des Sciences morales et politiques. En 1983, il rejoignit l¹Académie nationale de médecine.
Durant sa vie, le professeur Lejeune donna des milliers de conférences dans le monde entier. Il reçut de nombreux de prix pour ses travaux sur les pathologies chromosomiques, dont le prestigieux prix Kennedy en 1962, le William Allen Memorial Award en 1969, et le prix Griffuel pour ses travaux pionniers sur les anomalies chromosomiques dans le cancer en 1993.
C’est au cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, que revient la responsabilité de l’ouverture du procès en béatification du professeur Lejeune, ce dernier étant mort dans son diocèse. L’archevêque de Paris pourrait aussi – selon le règlement des causes – confier la cause de béatification à un autre évêque compétent. Cette dérogation est généralement accordée lorsque le diocèse n’est pas en état de suivre la cause de béatification du serviteur de Dieu, pour des raisons politiques ou économiques, ou encore lorsque le serviteur de Dieu a vécu très peu de temps là où il est mort, ce qui n’est pas le cas du professeur Lejeune. (apic/imedia/bb)



