l’Unifil, entre le Liban et Israël, n’a rien su empêcher

Rome: Le cardinal Angelo Sodano critique l’inertie de l’Onu dans la crise Proche-Orientale

Rome, 25 juillet 2006 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano critique l’inertie de l’Onu dans la crise Proche-Orientale.

«Une force d’interposition» au Liban «pourrait être opportune» si elle disposait «des instruments pour intervenir», a déclaré le cardinal Angelo Sodano, critiquant ainsi le disfonctionnement de l’Onu dans la crise israélo-libanaise. Interrogé sur le conflit en cours par l’hebdomadaire «Famiglia Cristiana», dans sa prochaine édition du 30 juillet 2006, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège est aussi revenu sur la position de l’Eglise catholique sur la guerre.

Le cardinal Sodano a ainsi critiqué «l’inertie» des forces de l’Onu dans les conflits des dernières années, mentionnant ceux des Balkans, en Afrique, à Haïti ou au Timor oriental. «L’histoire récente de certaines» de ses forces d’intervention «n’est pas encourageante», a-t-il aussi commenté. «Aujourd’hui encore, il y a une force de l’Onu, l’Unifil, entre le Liban et Israël, mais elle n’a pas pu empêcher le conflit actuel», a-t-il souligné. Pour lui, ce dont on a besoin finalement c’est d’une «volonté de paix» venant «des gouvernants et des gouvernés». «Pour cela, l’Eglise, et en particulier le Saint-Siège, ne cessera jamais d’inviter les parties au dialogue, pour trouver des chemins d’entente et de réconciliation», a-t-il alors expliqué.

«La ligne d’action du Saint-Siège dans tous les conflits du siècle passé et dans ceux actuels a toujours été de favoriser les raisons de la paix», a alors rappelé l’actuel secrétaire d’Etat. Il répondait aux accusations portées contre la diplomatie du Saint-Siège d’être peu compréhensive envers Israël. Cette ligne «peut déplaire à l’une ou l’autre des parties en guerre, mais elle naît du désir d’être fidèle à la mission» confiée par le Christ à son Eglise dans le monde. Le cardinal a alors donné en exemple le pape Pie XII (1939-1958), qui «éleva sa voix puissante pour empêcher l’éclatement des hostilités et pour ensuite chercher par tous les moyens d’en adoucir les conséquences tragiques», au risque d’être aujourd’hui soumis à la critique.

A propos de la Constitution Gaudium et Spes

Interrogé sur la position de l’Eglise sur la guerre, le cardinal a répondu que dans la Constitution Gaudium et Spes, le Concile Vatican II «nous enseigne que c’est le devoir des chrétiens que de freiner ’l’inhumanité’ de la guerre, comme vraie dégénérescence de l’humanité». Néanmoins, «prenant note que la guerre n’a pas encore été extirpée des événements humains, il nous dit que tant qu’existera le risque de conflit et qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente dotée de pouvoirs pour le résoudre, on ne pourra nier aux gouvernements le droit d’une légitime défense».

Le cardinal Sodano a aussi rappelé que «même en guerre, il y a un droit à respecter, qu’il y a un jus in bello – droit de la guerre, ndlr -, surtout pour ne pas impliquer des personnes civiles innocentes». «Le droit humanitaire est une conquête de notre civilisation et il ne devrait jamais être violé», a-t-il aussi souligné.

Ainsi, actuellement, «la préoccupation majeure» de Benoît XVI et de «tous ses collaborateurs» est «d’aider les parties en cause à mettre fin rapidement à cette guerre» au Liban et d’atténuer «la douleur des populations civiles qui, sans faute de leur part, se retrouvent touchées par ce nouveau conflit», a expliqué le cardinal Sodano. (apic/imedia/ar/pr)

25 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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