Le tiers monde doit être le protagoniste de son développement

Rome: Le cardinal Arinze juge l’aide aux pays africains insuffisante

Rome, 7 juin 2002 (APIC) Invitant les populations du Tiers monde à être les protagonistes de leur propre développement, le cardinal nigérian Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a manifesté un certain optimisme sur la démocratisation des pays africains. Il s’est exprimé à l’occasion sommet de la FAO qui se tient à Rome du 10 au 13 juin.

Interrogé par le quotidien italien Corriere della Sera dans son édition du 7 juin, le cardinal nigérian a jugé que l’aide reçue par les pays africains «n’est pas suffisante», mais que les pays soutenus «doivent être les protagonistes de leur propre développement et ne pas se limiter à attendre de l’aide».

Concernant l’aide nécessaire pour le développement agricole, il a souligné la nécessité d’une aide technologique, mais aussi de «la mise en place d’écoles techniques et professionnelles». «Nos jeunes, a ainsi affirmé le cardinal Arinze, doivent apprendre à utiliser les machines et à produire avec leurs mains». Appelant à une «attitude responsable» qui contraste avec «la corruption et la lutte pour le pouvoir personnel qui détruisent des pays entiers», le cardinal Arinze a ajouté qu’il était important d’encourager «les organismes internationaux» qui s’adressent aux pays pauvres.

«La nourriture manque, mais les armes ne manquent jamais»

Interrogé sur les obstacles au développement, il a montré du doigt le trafic des armes. «La nourriture manque, mais les armes ne manquent jamais, a-t-il ainsi affirmé. Il y a une responsabilité de la part des Africains qui achètent ces armes, mais aussi de la part des pays qui les vendent». Il a aussi dénoncé les pays du Nord «intéressés par les ressources minières».

A propos de la démocratisation, le cardinal en poste à Rome depuis 1985 a manifesté un certain optimisme. «Il faut se souvenir des guerres et du sang qui ont été versés en Europe au nom de sa démocratisation! Pourquoi les choses seraient-elles plus faciles en Afrique?», s’est-il interrogé en citant les exemples du Sénégal, de la Zambie ou du Malawi, des pays où l’on a assisté «à des changements réguliers de majorité et de présidents».

Visites de présidents à Jean Paul II

A l’occasion du sommet de la FAO et par les hasards du calendrier, de nombreux présidents de républiques ou des représentants de gouvernements rendront visite à Jean Paul II dans les prochains jours. Ainsi, le 8 juin, le pape recevra le président du Ghana, John Agyekum Kufour; le 10 juin, la présidente de l’Indonésie, Megawati Sukarnoputri et le président de la Colombie, Andrés Pastrana. Le 11 juin, il recevra le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni ; le 13 juin, la présidente du Sri Lanka, Yoweri Museveni ; le 14 juin le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila et le 15 juin, le président de la république du Bénin, Mathieu Kerekou. (apic/imed/bb)

7 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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