Rome: Le cardinal Bertone confie quelques souvenirs concernant le cardinal Ratzinger

Les «bonnes blagues» qui précèdent les rencontres

Rome, 16 avril 2007 (Apic) Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, salue la «simplicité», la «fraîcheur» et la «spontanéité» de Benoît XVI, le jour des 80 ans du pape.

Dans une interview accordée à la chaîne publique italienne RaiUno devant être diffusée dans la soirée du 16 avril, le cardinal italien raconte certains souvenirs de sa collaboration avec le cardinal Ratzinger et livre aussi quelques anecdotes concernant la teneur de leurs rapports actuels.

«Les rencontres du Secrétaire d’Etat avec le pape commencent toujours avec les dernières blagues que j’ai entendues, que l’on m’a racontées, de façon à commencer par un bon fou rire, par un moment de sérénité, et puis nous nous plongeons naturellement dans les problèmes plus sérieux et plus graves de la vie de l’Eglise et de la vie du monde», confie ainsi le cardinal Bertone. «Nous parlons aussi, quelques fois, de football», raconte encore le ’numéro deux’ du Saint-Siège qui précise que le pape lui demande parfois les résultats de certains «grands matchs».

«Le pape a la fraîcheur et la spontanéité d’un enfant : sa grandeur c’est sa simplicité», affirme également le cardinal Bertone. «C’est ce que j’ai perçu dès que je l’ai connu», explique celui qui a été le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi du cardinal Ratzinger de 1995 à 2002.

Selon le cardinal italien, «c’est l’impression de ceux qui le rencontrent de près, y compris lorsqu’ils le rencontrent un instant lors des audiences générales, ils voient ses yeux pénétrants, sa capacité d’écoute et de dire des mots justes et personnels, comme s’il rencontrait un ami de longue date».

Pas «un gardien sévère»

«Je suis bien en dessous du niveau de ce grand intellectuel qu’est le pape», reconnaît le cardinal italien. «Mais, même lorsque j’assistais à des longues discussions avec des théologiens du calibre de Von Balthasar, je n’aurais jamais pu m’ennuyer devant les synthèses aussi claires de la doctrine de l’Eglise proposées par celui qui était alors le cardinal Ratzinger», confie-t-il encore. «Pour moi, participer aux réunions de la Congrégation pour la doctrine de la foi, était une école de théologie renouvelée, ouverte, et une école de vie et de spiritualité».

Révélant encore quelques souvenirs, le cardinal secrétaire d’Etat affirme que le cardinal Ratzinger n’était pas «un gardien sévère» de la doctrine. «Cela fait partie du style Ratzinger de donner les raisons de la censure d’un livre, d’une opinion qui ne semble pas conforme à la révélation chrétienne et à l’Evangile devant le patrimoine de la doctrine de la foi de l’Eglise catholique». Pour souligner l’attitude de «respect réciproque» voulue par le cardinal allemand, le cardinal Tarcisio Bertone indique enfin que la Congrégation pour la doctrine de la foi n’avait prononcé qu’une excommunication lorsqu’il en était le secrétaire. Celle-ci concernait le sri lankais Tyssa Balasuriya, précise-t-il, et avait été levée quand le théologien était revenu sur ses positions. (apic/imedia/ami/pr)

16 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!