Et envisage une réforme de la curie
Rome: Le cardinal Bertone définit son rôle
Rome, 29 août 2006 (Apic) Le cardinal Tarcisio Bertone, actuel archevêque de Gênes, futur secrétaire d’Etat du Saint-Siège définit son rôle institutionnel et s’exprime en faveur d’une réforme de la curie romaine.
Dans un entretien au quotidien italien Il Giornale, le 29 août, le cardinal Tarcisio Bertone, qui prendra ses fonctions de secrétaire d’Etat du Saint-Siège le 15 septembre prochain, a expliqué comment il entendait remplir sa charge de futur numéro deux du Saint-Siège. «Je refuse l’expression d’éminence grise», a-t-il affirmé. «Je veux contribuer à accentuer la mission spirituelle de l’Eglise, qui transcende la politique et la diplomatie».
Le cardinal s’est aussi prononcé en faveur d’une réforme de l’appareil de la curie. «Des réformes de la curie, il y en a déjà eu deux, une immédiatement après le concile Vatican II, par Paul VI, l’autre effectuée par Jean Paul II. Après près de deux décennies, il est compréhensible que l’on cherche à évaluer l’organisation des dicastères du Saint-Siège, afin de s’employer à rendre les structures existantes toujours plus fonctionnelles par rapport à la mission de l’Eglise. Et éventuellement d’évaluer si tout ce qui existe doit être maintenu», a-t-il ajouté.
«Je suis d’accord avec Mgr Luigi Bettazzi», a-t-il encore dit, (Ndlr. évêque émérite d’Ivrea, en Italie, son diocèse d’origine), «qui m’a recommandé d’être secrétaire de l’Eglise plus que d’Etat «.
Pour le cardinal Tarcisio Bertone, la charge de secrétaire d’Etat est avant tout «un rôle extraordinaire de collaboration avec le pape, de fidélité à son égard , de porte-parole de ses messages». C’est aussi «une responsabilité» que de «suivre non seulement la vie interne de la curie mais aussi les relations avec les Etats et les organisations internationales».
«La méthode de travail de Benoît XVI est très collégiale»
Le cardinal Bertone, qui n’appartient pas à la famille des diplomates du Saint-Siège, reconnaît que cela peut être «dans un certain sens un handicap». Mais il rappelle que la méthode de travail de Benoît XVI, qu’il a déjà secondé en tant que secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est «très collégiale, avec une grande capacité de poser des questions, d’écouter, de valoriser les talents de chacun, aussi bien du plus jeune ou du dernier arrivé».
Pour lui, être passé par la Congrégation pour la doctrine de la foi «aide à annoncer l’Evangile dans sa totalité» (.) dans n’importe quel pays. Ainsi, le cardinal a rappelé la situation au Proche-Orient. «Personne n’oublie les chrétiens du Liban», a-t-il expliqué. Il s’est enfin félicité que «l’Europe retrouve son rôle de médiation au Proche-Orient».
Le 29 août 2006, le cardinal Bertone préside sa dernière grande célébration à Gênes, à l’occasion de la fête de Notre-Dame de la Garde, la patronne de la ville. A cette occasion, il doit annoncer, selon la presse italienne, le nom de son successeur à la tête de l’archidiocèse. Il devrait s’agir de Mgr Angelo Bagnasco, jusqu’à présent évêque aux armées.
Le futur secrétaire d’Etat est resté en contact étroits avec Benoît XVI tout au long de l’été. Après lui avoir longuement rendu visite dans le Val d’Aoste, il s’est très discrètement rendu à Castel Gandolfo la semaine dernière pour traiter avec le pape des dossiers en cours et de la nomination du futur secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Mgr Giovanni Lajolo quittera en effet ses fonctions le 15 septembre. Son successeur n’a pas encore été désigné. (apic/imedia/hy/vb)



