Déficit de communication autour de l’affaire Wielgus

Rome: Le cardinal Bertone encourage les recherches sur le passé des évêques polonais

Rome, 14 janvier 2007 (Apic) Le cardinal Tarcisio Bertone a regretté le «déficit de communication», notamment autour de la nomination de Mgr Stanislas Wielgus comme archevêque de Varsovie. Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a encouragé le dépistage sur le passé de tous les évêques polonais, mais aussi sur tous les fonctionnaires des administrations publiques, les hommes politiques et les partis en Europe de l’est.

«Je suis content de cette décision, surtout parce que la communication est essentielle», a déclaré le cardinal au sujet de la décision de l’Eglise polonaise de vérifier systématiquement le passé des évêques. «Je suis content de la décision d’effectuer un dépistage sur tous les évêques et sur leur passé», a-t-il expliqué dans la soirée du 12 janvier en marge de la présentation d’une nouvelle revue de l’Action catholique Segno. «Mais j’ai déjà demandé aux autorités compétentes qu’elles le fassent aussi pour tous les fonctionnaires des administrations publiques, pour les hommes politiques et les partis, et non seulement pour la Pologne mais aussi pour les autres pays de l’Est».

«Le déficit de communication est dommageable dans tous les domaines et empêche d’avoir une vision complète surtout sur l’authenticité et la contrefaçon des documents», a par ailleurs estimé le cardinal Bertone. «Il est juste de comprendre qui est impliqué, mais il faut pouvoir faire un discernement, dans la communication, entre ce qui est authentique et ce qui est falsifié», a-t-il aussi estimé.

Réunion de crise des évêques en Pologne

Les évêques polonais ont tenu une réunion de crise le 12 janvier sur l’attitude de l’Eglise sous le régime communiste après la démission de Mgr Stanislaw Wielgus. Comme bon nombre d’ex-pays communistes, la Pologne n’a pas ouvert ses archives secrètes après la chute du communisme en 1989. Le pays a choisi la voie de la réconciliation entre partisans et opposants au régime communiste. Mais l’an dernier, des journalistes et des universitaires ont pu avoir accès aux dossiers.

Commentant la publication continue des documents provenant des archives des services secrets polonais sur les journaux concernant le passé d’évêques et de prêtres en Pologne, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a ainsi jugé «stupéfiant» que «ces dossiers soient accessibles aux journalistes plus qu’à ceux qui ont le droit» d’y avoir accès.

La nomination du nouvel archevêque de Varsovie est «dans l’esprit de Dieu. J’y prie avec le pape», a par ailleurs confié le cardinal Bertone. Ne souhaitant pas répondre aux questions temporelles pour cette nomination, il a répondu en plaisantant aux journalistes l’interrogeant: «Vous voulez aussi savoir qui sera le nouveau président de la Conférence épiscopale italienne?» ou: «Vous voulez savoir qui sera le nouveau substitut de la Secrétairerie d’Etat?». «Seul Dieu le sait», a-t-il commenté.

Par ailleurs, au cours de sa conférence sur l’Action catholique, dont il a encouragé l’oeuvre, le cardinal Bertone a déclaré que comme l’enseignait cette association, «on pourrait aussi mettre des femmes laïques à la curie». Des propos chaleureusement applaudis par l’assistance. (apic/imedia/ar/bb)

14 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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