Vers un nouveau consistoire en juin prochain?

Rome: Le cardinal Carlo Maria Martini, figure emblématique de l’Eglise, fête ses 80 ans

Rome, 14 février 2007 (Apic) Le cardinal italien Carlo Maria Martini, jésuite, ancien archevêque de Milan et figure emblématique de l’Eglise catholique, fêtera ses 80 ans le 15 février 2007. Ce «favori» du conclave d’avril 2005 ne fera donc plus partie du collège des électeurs, en cas de nouvelle élection pontificale. Le 15 février, sur 184 cardinaux, ils ne seront plus que 109 électeurs. Vers un nouveau consistoire?

Présenté comme un «papabile» par la presse lors du conclave d’avril 2005 qui a vu l’élection du cardinal Joseph Ratzinger, le cardinal Martini, qui fait figure de chef de file de l’aile «progressiste» de l’Eglise, a parfois été vu comme un «anti-Ratzinger».

Grande figure de l’épiscopat italien, personnage charismatique et en même temps intellectuel passionné d’études bibliques, il parle avec franchise, liberté, et audace. Archevêque émérite de Milan depuis juillet 2002, il s’est retiré à l’Institut biblique pontifical de Jérusalem.

Né à Turin le 15 février 1927, il est entré chez les jésuites à l’âge de 17 ans, et a été ordonné prêtre le 13 juillet 1952. Exégète de formation, Paul VI (1963-1978) l’a nommé, en 1969, recteur de l’Institut biblique, où il est resté jusqu’en 1978, puis de l’Université pontificale Grégorienne. Cette année-là, il a prêché la retraite de carême du Vatican.

En 1980, Jean Paul II (1978-2005) l’a nommé archevêque de Milan, diocèse le plus grand d’Europe. Il y a affronté la période de terrorisme des années 80, lorsque la ville était aux prises avec la violence des Brigades rouges.

Le cardinal Martini s’est fait connaître comme un pasteur proche de ses fidèles, sensible aux maux des grandes villes. En même temps, il a beaucoup écrit. Des lettres pastorales très prisées, mais aussi de nombreux livres, – au total une quarantaine -, notamment sur la Bible, dont des best-sellers traduits en plusieurs langues.

Créé cardinal en 1983, il était à l’époque l’un des sept cardinaux du secrétariat général du Synode des évêques, chargé de conseiller toutes les assemblées synodales. Par ailleurs, de 1986 à 1993, il a présidé le Conseil des Conférences épiscopales européennes et, à ce titre, la première Rencontre oecuménique européenne de Bâle, en 1989. Le cardinal Martini est en effet un homme de dialogue très engagé dans l’oecuménisme, qui a le goût des contacts – il maîtrise une dizaine de langues – et aime les échanges avec les représentants des autres confessions.

Audace

Le cardinal Martini a longtemps été le favori des catholiques «progressistes», qui voyaient en lui un cardinal désireux d’opérer des changements sur les points les plus controversés de l’enseignement de l’Eglise, comme l’interdiction de la contraception ou encore l’ordination des femmes.

Personnage audacieux, il aime évoquer les possibilités de «développement» de la doctrine. Ainsi, à l’automne 1999, au cours du Synode pour l’Europe au Vatican, il a affirmé qu’il était nécessaire de repenser la primauté du pape, et a appelé à un instrument permettant aux évêques de résoudre ensemble les problèmes du jour. Ses propos ont été immédiatement interprétés comme un appel à un concile Vatican III, ce qu’il a démenti. Il a précisé qu’il souhaitait, en fait, que les assemblées synodales deviennent «ce conseil permanent de l’Eglise proposé par Vatican II», et qu’il aimerait voir un renforcement, dans l’Eglise, de la collégialité épiscopale.

Exégète avant tout, le voeu le plus cher du cardinal Martini était de partir à Jérusalem après sa retraite, qu’il prendra en juillet 2002, année pendant laquelle on a annoncé qu’il était atteint de la maladie de parkinson. Depuis, il passe une grande partie de son temps près du Mont des Oliviers, à prier et à étudier la Bible.

A Jérusalem pour prier et étudier la Bible

Il n’a toutefois pas perdu sa volonté d’intervenir dans les débats qui agitent l’Eglise et la société. Peu de temps après l’élection du cardinal Joseph Ratzinger sur le trône de Pierre, il a espéré que Benoît XVI «réserve des surprises» face aux «stéréotypes» qui circulaient sur l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Un an plus tard, en avril 2006, dans un magazine italien, le cardinal a qualifié le préservatif de «moindre mal» dans certains cas. Il a aussi ouvert la porte à la fécondation assistée et à l’adoption d’embryons congelés par des femmes seules, mettant la curie romaine dans l’embarras.

En janvier 2007, il est sorti à nouveau de sa réserve alors que l’Eglise italienne se prononçait contre l’euthanasie et venait de refuser des obsèques religieuses à un homme dont un médecin, à la demande du patient, avait accéléré la mort. Le cardinal Martini n’a alors pas hésité à appeler l’Eglise à «plus d’attention pastorale» face à cette question.

Selon certaines sources vaticanes, le pape pourrait convoquer un nouveau consistoire en juin prochain. (apic/imedia/ami/pr)

14 février 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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