Rome Le cardinal Dario Castrillon Hoyos célèbrera une messe selon le rite tridentin
«Une main tendue» aux fidèles de Mgr Lefèbvre
Rome, 21 avril 2003 (Apic) Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, célèbrera la messe dite «de Saint Pie V» le 24 mai prochain dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. C’est la première fois depuis 1970 qu’un cardinal célèbre publiquement à Rome une messe selon le rite traditionnel. Ce geste est qualifié dans la presse italienne, notamment le «Corriere della Sera» du 20 avril, comme «une main tendue aux fidèles de Mgr Lefèbvre».
«Venant à l’encontre des si nombreuses attentes des catholiques traditionalistes, dans le contexte de l’intérêt croissant et renouvelé pour la liturgie traditionnelle, le cardinal Dario Castrillon Hoyos dirigera la récitation du Rosaire et célébrera la messe selon le rite tridentin le 24 mai dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure», annonce un communiqué publié par les traditionalistes italiens.
C’est la première fois qu’un cardinal de l’Eglise catholique romaine célèbre en public et à Rome une messe selon le rite antérieur au Concile Vatican II, bien que le geste ne soit pas une nouveauté. En effet, depuis 1984, Jean Paul II autorise les évêques à permettre la célébration de la messe avec le missel de 1962. Cependant, les traditionalistes dénoncent depuis plusieurs années le fait que cette ’indult’ ne soit pas appliqué par tous les évêques.
C’est pourquoi le geste du cardinal Castrillon Hoyos, chargé par Jean Paul II en 2000 de s’occuper des tractations avec les «traditionalistes», est considéré comme «une main tendue aux fidèles de Mgr Lefèbvre». D’après le quotidien «Corriere della Sera», le préfet de la Congrégation pour le clergé a envoyé une lettre à la communauté traditionaliste de Pise, en Italie, connue pour ses rapports avec la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefèbvre et schismatique depuis 1988. Il y assure que le Saint- Siège «tentera de garantir aux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle le respect de leurs justes aspirations».
Traditionalistes prudents
Mais du côté de la Fraternité Saint-Pie X, les responsables préfèrent rester prudents. Dans un entretien accordé par Mgr Bernard Fellay lors d’un colloque sur l’oeuvre de saint Pie X tenu à Paris le 30 mars dernier, le responsable de la Fraternité a affirmé que «Rome perd sa crédibilité». «En six mois, nous sommes en face d’une virevolte complète. Nous avons l’impression d’être comme devant un feu routier qui passe du vert au rouge et inversement. On aimerait que le feu reste une fois pour toutes sur le vert», a-t-il déclaré.
En janvier dernier, Mgr Fellay avait en outre envoyé un de ses collaborateurs au Vatican, afin de remettre au cardinal Castrillon Hoyos une lettre dans laquelle il regrette que les deux préalables posés en janvier 2001 – que la messe tridentine soit accordée à tout prêtre et que les censures portées à l’encontre des «intégristes» soient levées – «n’aient toujours pas trouvé de réponse».
Les discussions entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège ont commencé au cours de l’année 2000, à l’occasion du grand Jubilé. Les responsables du mouvement avaient été reçus, à cette occasion, le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos. Ce dernier a été nommé président de la Commission Ecclesia Dei, fondée par le pape après le schisme, en vue de permettre aux traditionalistes le désirant de conserver le rite pré- conciliaire.
Depuis deux ans et demi, les tractations continuent tant bien que mal, le Saint-Siège préférant rester discret sur les résultats du dialogue. Un accord avait été accepté par une fraternité «intégriste» brésilienne issue du schisme de Mgr Lefèbvre, à Campos, en janvier 2002, laissant entrevoir un espoir de rapprochement de la Fraternité Saint-Pie X avec le Saint- Siège. (apic/imedia/sh)




