Rome: Le cardinal Jozef Tomko à propos de «Dominus Iesus»
Pas question de renier le dialogue avec les autres religions
Rome, 8 octobre 2000 (APIC) Il n’est pas question de renier le désir de l’Eglise catholique de dialoguer avec les membres des autres religions, a déclaré à l’APIC le cardinal slovaque Jozef Tomko, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, à l’occasion du Jubilé des évêques qui s’est déroulé ce week-end à Rome.
Interrogé sur l’opportunité de publier un texte tel que «Dominus Iesus» qui risque d’accentuer la différence entre le discours théorique venant de Rome et les situations concrètes auxquelles les évêques doivent faire face quotidiennement dans leurs diocèses, le cardinal Tomko a souhaité que l’on relise l’ensemble de la déclaration «Dominus Iesus», et «pas seulement les articles qui sont publiés à son sujet».
On comprend mieux alors qu’il s’agit pour l’Eglise d’expliquer quelle est sa propre identité, poursuit-il, «pour que ceux qui en font partie sachent vraiment ce qu’elle est». A ses yeux, le document ne fait que reprendre sur ce point, mais de façon plus systématique, ce qui a été affirmé par le Concile Vatican II. Pour le prélat de la curie romaine, il n’est pas question en revanche de renier le désir de l’Eglise de dialoguer avec les membres des autres religions.
Les chrétiens doivent affirmer clairement leur identité
A la question de savoir si l’on peut tenir ce même discours dans un pays comme l’Inde par exemple, où les chrétiens sont très minoritaires, le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples se veut rassurant: «J’arrive précisément de l’Inde où j’ai participé à l’ouverture de l’Assemblée nationale de la Conférence épiscopale, le 20 septembre. J’ai justement insisté à cette occasion sur le fait que nous devons nous présenter à ceux qui ne sont pas chrétiens tels que nous sommes, en affirmant clairement notre identité. Il faut que nous sachions dire ce qu’est le Christ pour nous, que nous l’avons rencontré, qu’il fait partie de notre expérience vitale. Cela ne nous empêche pas de respecter les autres et de le leur montrer.»
L’important est pour le cardinal Tomko que les chrétiens comprennent bien eux-mêmes qui ils sont pour être en mesure de vivre personnellement leur foi. «Car avant de parler de sa foi, il faut en vivre. C’est essentiel pour nous en tant qu’évêques. Aujourd’hui en effet, les gens n’acceptent pas volontiers des maîtres qui parlent. Ils ne peuvent les accepter et les écouter que s’ils sont avant tout des témoins.»
Commentaires de cardinaux venus à Rome pour le Jubilé des évêques
Les évêques venus à Rome pour leur Jubilé occupaient plus de la moitié des deux grandes basiliques de Saint-Jean de Latran et de Saint-Paul-hors-les-murs, avec leurs soutanes noires et leurs ceintures violettes, le soir du 6 octobre et le matin du 7 octobre. Ils étaient rassemblés là en effet pour les deux premières cérémonies jubilaires organisées à leur intention, l’une centrée sur une démarche pénitentielle, et l’autre sur l’aspect missionnaire de leur ministère.
«Je suis impressionné par un tel rassemblement, a confié à la correspondante de l’APIC le cardinal américain Roger Michael Mahony, archevêque de Los Angeles. Personnellement, je suis venu participer à ce jubilé avec le souci d’être en harmonie avec les autres évêques du monde, autour du pape. Pour moi, le point fort de ces trois jours est la célébration de l’Eucharistie avec Jean-Paul II dimanche. Nous sommes aussi là pour prier la Vierge pour la paix, a ajouté le cardinal Mahony. Nous avons besoin de demander son intercession, spécialement pour les problèmes du Moyen-Orient».
Le Jubilé, aussi une démarche de pénitence
Pour le cardinal Ricardo J. Vidal, archevêque de Cebu, aux Philippines, c’est également la paix qui était au centre de la prière des évêques à la Vierge, dans l’après-midi du 7 octobre, sur la place Saint-Pierre, devant la statue de la Vierge de Fatima, apportée spécialement du Portugal pour l’occasion. Le chapelet récité avec le pape était animé par des familles et des évêques des cinq continents, tandis que cinq cardinaux ont lu en plusieurs langues des passages des exhortations apostoliques publiées à la suite des grands synodes continentaux convoqués à Rome en vue de l’an 2000. L’archevêque de Cebu a constaté que ce Jubilé est une occasion privilégiée pour les évêques de s’unir tous ensemble autour d’une prière commune pour la paix adressée à la Vierge «notre mère», a-t-il insisté. «La Vierge est un exemple que nous devons réapprendre à suivre!».
Venu à Rome avec 76 évêques des Philippines, le cardinal Vidal précise que ce long voyage est aussi une démarche de pénitence: «Nous avons besoin, nous aussi, de demander et de recevoir le pardon de Dieu à l’occasion du Jubilé. C’est important pour nous d’apprendre à nous réconcilier avec Dieu et avec les autres». Et de confier son émotion à la vue des évêques qui se confessent les uns aux autres: «Pour ma part, je me suis confessé en espagnol à un évêque argentin».
En Asie, le problème de l’annonce de l’Evangile est urgent
Pour le cardinal Vidal d’autre part, la cérémonie missionnaire auxquels les évêques ont été conviés le matin du 7 octobre était particulièrement significative. «Nous venons de conclure notre premier congrès missionnaire aux Philippines, a-t-il précisé. En Asie, le problème de l’annonce de l’Evangile est urgent. Les chrétiens y représentent un pourcentage très faible, et il est donc important que nous prenions davantage conscience, avec le soutien des autres évêques, de la nécessité urgente d’annoncer l’histoire de l’amour du Christ pour les hommes, même dans un milieu où les autres religions sont très présentes. Il nous faut apprendre à expliquer à ceux qui ne le savent pas encore que le Christ est l’unique sauveur du monde, même s’il faut savoir dire cela d’une manière très respectueuse de ceux qui appartiennent à d’autres religions». (apic/imedia/Caroline Boüan/be)
Rome: Les évêques invités à ne pas être de simples «managers» de la pastorale
Evêques appelés à témoigner une cohérence totale de foi et de vie
Rome, 8 octobre 2000 (APIC) Les évêques catholiques sont invités à ne pas être de simples «managers» de la pastorale, mais plutôt des «pères» sachant «rencontrer les personnes en faisant attention à chacun», a déclaré le nouveau préfet de la Congrégation pour les évêques, Mgr Jean-Baptiste Re à l’occasion du Jubilé des évêques qui s’est déroulé ce week-end à Rome.
Mgr Jean-Baptiste Re a eu l’occasion de prononcer sa première homélie en tant que préfet de la Congrégation pour les évêques lors de l’ouverture du Jubilé des évêques, qui a rassemblé à Rome 1’500 évêques, le tiers de l’épiscopat mondial. Nommé le 16 septembre dernier à la tête de la Congrégation pour les évêques, l’ancien substitut de la Secrétairerie d’Etat a en effet accueilli les évêques dans la basilique de Saint-Jean de Latran pour une cérémonie pénitentielle.
Il a rappelé à ses confrères qu’un magistère épiscopal peut être irréprochable sur le plan de l’orthodoxie, et même brillant grâce à une culture et à une facilité d’élocution, «mais cela ne suffit pas: il faut un magistère vibrant, qui sache toucher les cœurs en transmettant une expérience vive du mystère!». «Derrière nos paroles, il doit y avoir une vie», a-t-il encore insisté, car l’expérience pastorale montre qu’il y a «une influence mystérieuse qui passe précisément à travers le témoignage du ministre, quand resplendit en lui une participation intime, une implication profonde, une cohérence totale de foi et de vie». (apic/imedia/be)



