Relancer le dialogue avec les orthodoxes: un grand pas en avant

Rome: Le cardinal Kasper fait le point sur le dialogue oecuménique

Rome, 21 janvier 2005 (Apic) Pour le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, «cela représenterait vraiment un grand pas en avant» de pouvoir relancer le dialogue avec les différentes Eglises orthodoxes. C’est ce que le cardinal Walter Kasper a déclaré le 21 janvier, au 4e jour de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, sur les ondes de Radio Vatican.

Interrogé sur les nouveautés au plan oecuménique, le cardinal Kasper a évoqué «les rapports avec les Eglises orthodoxes, que nous avons certainement beaucoup améliorés». C’est le cas avec l’Eglise orthodoxe de Russie, même si les «rapports ont été un peu difficiles ces dernières années», a-t-il affirmé. «Le fait que le patriarche oecuménique de Constantinople se soit rendu par deux fois à Rome a été de grande importance et c’est certainement aussi cela qui a énormément amélioré les rapports».

«Nous espérons aujourd’hui que, dans la seconde moitié de l’année, il sera possible de relancer le dialogue avec les Eglises orthodoxes», a déclaré le cardinal Kasper.

En effet, le 29 juin 2004, en recevant le patriarche de Constantinople Bartholomé Ier, Jean Paul II avait souligné l’importance et l’urgence de la reprise du dialogue théologique, suspendu depuis la dernière session de la Commission mixte internationale de dialogue qui s’était réunie en l’an 2000 à Baltimore. Par ailleurs, le 2 décembre 2004, à l’occasion de la remise des reliques des saints Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze, la Commission synodale orthodoxe avait confirmé à la délégation catholique, lors des conversations bilatérales à Istanbul, «sa volonté de continuer la préparation à une prochaine rencontre» théologique, souhaitée par Jean-Paul II.

Rapports suspendus avec les anglicans

Par ailleurs, le cardinal allemand a évoqué les difficultés rencontrées avec les Eglises anglicanes et protestantes. «Nous espérons relancer le dialogue» avec les anglicans, a-t-il confié, rappelant que, dans un certain sens, les rapports avaient été suspendus à cause «d’un problème interne à l’anglicanisme». Il s’agissait de «l’ordination d’un prêtre qui pratique publiquement l’homosexualité». Et «ceci, pour nous, représente un scandale». «Nous devons confirmer que ce problème relatif à l’homosexualité représente un obstacle pour nous, et que nous sommes fermes sur ce que dit le Catéchisme de l’Eglise catholique», a-t-il ajouté.

Le 25 novembre 2003, la publication d’une déclaration commune entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane était suspendue en raison de différends ecclésiologiques (se référant à l’ordination d’homosexuels et au mariage des prêtres permis récemment par la Communion anglicane). Toutefois, la Communion anglicane et l’Eglise catholique s’étaient engagées à continuer leur dialogue et accordées sur le fait que le travail des sous- comités de la commission continuerait.

L’ordination, pierre d’achoppement avec les protestants

Concernant les rapports avec les protestants, le président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens a expliqué les problèmes avec certains protestants en Allemagne, «qui ont pris une position sur les ordinations qui va à l’encontre de tous les textes et documents que nous avons élaborés ensemble, et qui concernent le ministère pastoral ainsi que l’ordination». «C’est un grand problème parce que la doctrine sur l’Eglise, et surtout la doctrine sur l’ordination, représentent le centre de la discussion actuelle avec les protestants», a-t-il souligné.

Le 11 janvier 2005, le cardinal allemand Walter Kasper avait critiqué la publication par l’Eglise évangélique luthérienne unie d’Allemagne (VELKD) d’un document préparatoire sur la question des ordinations. Pour le cardinal, ce document intitulé «Dévouement et attribution de la prêtrise après compréhension évangélique», publié conjointement avec une recommandation de la conférence des évêques luthériens, proposait comme base de départ une prêtrise commune aux catholiques et aux protestants.

Vivre ensemble une expérience chrétienne et spirituelle

Enfin, soulignant les espérances et perspectives de l’oecuménisme dans le futur, le cardinal Kasper a salué les «mouvements particulièrement engagés», comme celui des Focolari. «Je pense que c’est un aspect très important pour le futur parce que l’oecuménisme est non seulement une question doctrinale et intellectuelle, mais c’est aussi vivre ensemble une expérience chrétienne et spirituelle», a-t-il conclu.

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées au début du XXe siècle de manière à couvrir la période entre la fête de la Chair de saint Pierre (dans le calendrier liturgique de l’époque) et celle de la conversion de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Cette année, la semaine de prière a pour thème, ’Le Christ, unique fondement de l’Eglise’. Pour le cardinal Kasper, «ce fondement, nous l’avons tous en commun, (.) à partir de là, nous devons faire partir notre engagement oecuménique». (apic/imedia/ms/bb)

23 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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