Le chemin vers les orthodoxes passe par les Eglises orientales

Rome: Le cardinal Kasper plaide pour un renforcement de l’œcuménisme

Rome, 22 mai 2001 (APIC) La morale familiale, l’œcuménisme, la primauté de Pierre et la place des Eglises orientales, tels sont les thèmes principaux qui, selon Joaquin Navarro Valls, porte parole du Saint-Siège, ont été abordés par les cardinaux au cours des séances du 21 mai dans l’après-midi et du 22 mai au matin. Le cardinal allemand Walter Kasper a considéré l’unité des chrétiens comme un grand défi du nouveau millénaire pour l’Eglise. Les évêques orientaux, pour leur part, s’affirment comme un pont vers les orthodoxes.

«Des thèmes très variés ont été abordés par les cardinaux aux cours des deux séances du 21 mai et du 22 mai au matin, 19 cardinaux ont pu intervenir hier après-midi et 20 ce matin, 18 attendent encore leur tour qui viendra cette après-midi», a déclaré Joaquin Navarro Valls lors d’un briefing quotidien avec les journalistes.

Selon le porte parole du Saint-Siège, le cardinal Lopez Trujillo président du Conseil pontifical pour la famille a suggéré que des médecins, des scientifiques et des sociologues, chrétiens ou non, puissent participer à la rédaction d’une sorte de «dictionnaire des nouvelles réalités familiales» dans lequel entrerait, entre autres thèmes, celui de la santé et de la sexualité. S’il est réalisé, ce document sera une sorte d’outil de réflexion à la disposition de tous les chrétiens.

Des avancées et des résistances dans l’œcuménisme

Concernant le thème de l’œcuménisme, le cardinal anglais Murphy O’Connor, archevêque de Westminster, a proposé à Jean Paul II d’organiser dans son pays une sorte de grande réunion ’pan-chrétienne, similaire à celle que Jean Paul II souhaitait organiser durant le Jubilé et qui n’a pu avoir lieu ainsi que l’a signalé le cardinal Roger Etchegaray dans son bilan du Jubilé le 21 mai. Pour sa part, le cardinal allemand Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a signalé qu’on ne peut nier la résistance de certains chrétiens vis à vis de l’œcuménisme, mais que les avancées sont essentielles depuis Vatican II et surtout le début du pontificat de Jean Paul II. Il a également décrit l’unité des chrétiens comme un grand défi pour toute l’Eglise en ce début de millénaire.

Le cardinal Avery Dulles, jésuite américain, est intervenu sur le thème de la primauté de Pierre en expliquant que certains pourraient croire qu’elle est un obstacle sur la voie de l’œcuménisme, mais que si l’on regarde les autres Eglises chrétiennes, on se rend compte que le manque d’autorité a pu provoquer de grandes difficultés au niveau de la doctrine ou de la discipline.

Par ailleurs, les cardinaux Ignace Moussa Daoud, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales et Lubomyr Husar, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens grecs catholiques sont intervenus pour mettre en valeur le rôle des Eglises orientales catholiques au sein de l’Eglise catholique universelle. Le cardinal Husar a ainsi expliqué que s’il y a un jour une unité avec les orthodoxes, elle devra nécessairement passer par les Eglises orientales catholiques, dont ils sont les plus proches.

Un programme pastoral peut-il être local et universel?

La veille, un des trois rapporteurs du consistoire, le cardinal français Jean-Marie Lustiger a proposé une réflexion sur la manière d’élaborer un programme pastoral. «Dans quelles perspectives et selon quelle méthode les cardinaux doivent-ils élaborer un programme pastorale qui puisse convenir à la fois aux Eglises particulières et à l’Eglise universelle?», s’est-il ainsi demandé. L’archevêque de Paris a invité les cardinaux à trouver un programme «unique» face «aux grands défis de notre temps», sans toutefois se fier aux «formules magiques qui confondent les moyens avec la fin» et qui sont présentées dans le monde actuel. «A vues humaines, une réorganisation s’impose par voie d’autorité et demande du temps pour être acceptée», a conclu le cardinal Lustiger, insistant pour que les «avancées» qui suivront ce consistoire se fassent avec «une plus grande fidélité au Christ», et «une plus grande miséricorde pour les pauvres». (apic/imed/bb)

22 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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