Une incitation contraire aux indications du Plan d’action de 1994

Rome: Le cardinal Martino dénonce les agences onusiennes promouvant l’avortement

Rome, 16 septembre 2004 (Apic) Le cardinal Renato Martino a dénoncé les agences onusiennes promouvant l’avortement, qui est contraire aux indications du Plan d’action signé au Caire en 1994. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix a souligné, dans l’»Avvenire» du 16 septembre 2004, le devoir des gouvernements de contrôler l’usage des fonds qu’ils versent à ces organismes.

«Les gouvernements ont le devoir de dénoncer l’Unfpa (United Nations population fund) et les autres agences de l’Onu cherchant à promouvoir le libre avortement en violation du Plan d’action signé au Caire», a commenté le cardinal dans le quotidien de la Conférence épiscopale italienne. «Ils ont le devoir de dénoncer toute violation de l’article 8.25, selon lequel aucune agence de l’Onu ne peut se permettre de promouvoir l’avortement», a- t-il estimé.

L’article 8.25 du Plan d’action approuvé par les quarante pays membres de l’Onu et par le Saint-Siège au Caire il y a dix ans, stipule que «l’avortement ne doit en aucun cas être considéré comme un moyen de planification familiale». Le Plan d’action adopté par 179 pays cherchait à trouver un équilibre entre la population mondiale et ses ressources, améliorer la condition des femmes et garantir l’accès de tous aux soins de santé en matière de reproduction, notamment à la planification familiale.

Même si à la Conférence pour l’institution du Tribunal pénal international, la grossesse forcée a été reconnue comme ’un crime contre l’humanité’, le principe établi dans le 8.5 reste pleinement valable, rappelle le haut prélat italien.

Interrogé sur le comportement de certaines agences de l’Onu faisant tout leur possible pour contourner cet article et favoriser le libre avortement, notamment avec des fonds destinés aux aides au développement, le cardinal Martino a reconnu que «cela était malheureusement vrai». «Ce n’est pas un hasard si le Saint-Siège a retiré depuis déjà plusieurs années sa contribution versée à l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance), a-t-il dit.

Responsabilité des gouvernements

«Il faut en appeler à la responsabilité des gouvernements», a aussi déclaré le cardinal italien. Pour lui, «les gouvernements doivent contrôler l’usage qui est fait de l’argent de leurs citoyens. On ne peut verser des fonds à des agences multilatérales puis se désintéresser de la façon dont ils sont utilisés». «Ces organismes ont seulement un pouvoir exécutif et ne peuvent pas se permettre d’aller outre le mandat qui leur est conféré par les documents signés par les gouvernements».

Le cardinal Martino avait conduit la délégation du Saint-Siège à la Conférence sur la population et le développement du Caire en 1994. Deux camps s’étaient alors affrontés, l’un mené par les Etats-Unis et les lobbies antinatalistes, et l’autre par le Saint-Siège refusant un contrôle renforcé des naissances. La conférence avait rejeté l’acceptation de l’avortement comme moyen contraceptif. Divers lobbyings tentent régulièrement de réintroduire la question sous différentes formes, notamment lors des Conférences internationales. (apic/imedia/ar/pr)

16 septembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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