Opposition du pape à la peine de mort
Rome: Le cardinal Martino déplore la mise en scène de la capture de Saddam Hussein
Rome, 16 décembre 2003 (Apic) Jean Paul II est contre la peine de mort, comme l’Union européenne et les tribunaux internationaux. C’est ce qu’a rappelé le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil «Justice et Paix», en commentant la capture et le futur procès de Saddam Hussein.
Invité par le Saint-Siège à commenter le message de Jean Paul II pour la Journée mondiale de la paix, le cardinal Martino a été interrogé sur la prise de Saddam Hussein. C’est la première fois qu’un officiel du Saint- Siège réagissait à ce propos. Pour lui, «ainsi finissent les dictateurs. Des responsabilités très lourdes pèsent sur ses épaules. Cela étant dit, vient ensuite un sentiment de compassion humaine. La mise en scène des images de la capture de cet homme détruit, qui ont circulé dans le monde entier, aurait pu nous être épargnée. Toute personne ayant des sentiments équilibrés doit le ressentir de la même manière que moi».
Le cardinal Martino a encore souhaité que cette capture, quoique «essentielle», n’ait pas «de pires et de brutales conséquences». «Elle ne signifie pas la solution complète du problème», a-t-il encore ajouté.
La capture ne compense pas la guerre
A propos du procès de l’ancien dictateur, le président du Conseil Justice et Paix n’a donné que peu d’indications, «car ce n’est pas au Saint- Siège de dire si le procès doit avoir lieu ici ou là». Le prélat a simplement affirmé qu’il doit se tenir «dans un lieu approprié» et souhaité qu’il contribue «à la pacification et à la démocratisation de l’Irak».
Rappelant l’opposition de Jean Paul II à la peine de mort, le cardinal Martino doute du fait que cette capture «puisse être une compensation à la défaite que constitue la guerre en elle-même».
Le cardinal Martino s’est par ailleurs exprimé sur la recommandation faite aux Nations Unies de revoir leur mode de fonctionnement en lien avec la lutte contre le terrorisme. Il a insisté sur le fait que Kofi Annan lui- même avait souhaité «réfléchir aux menaces et aux défis à affronter au XXIe siècle» et étudier les règles et les administrations afin de voir si elles «ne devaient pas être adaptées».
Le prélat a souligné, à la suite du pape, que «le terrorisme est une plaie. On peut éliminer un, 10 ou 10’000 terroristes, mais si l’on ne combat pas ce qui est à la racine de leurs motivations, ils se renouvelleront toujours». (apic/imedia/bb)



