Pas de supériorité de la culture occidentale sur l’islam
Rome : Le cardinal Ratzinger contredit les assertions de Silvio Berlusconi
Rome, 1er octobre 2001 (APIC) Le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a contredit les assertions de Silvio Berlusconi sur la soi-disant supériorité de la culture occidentale sur l’islam. Les propos provocateurs du premier ministre italien ont été qualifiés de «racistes» par la Ligue arabe. Ils ont mis dans l’embarras les autres membres de l’Union européenne. Berlusconi s’est ensuite excusé, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
Les déclarations sans nuances du chef du gouvernement italien sont tombées au plus mauvais moment, alors que les Etats-Unis cherchent à rallier les pays arabo-musulmans sous la bannière de la «croisade» anti-terroriste.
On ne peut pas parler de supériorité d’une culture sur une autre, car l’histoire a montré qu’une société peut varier d’une époque à l’autre, a déclaré le cardinal Josef Ratzinger au quotidien italien «La Repubblica», qui publie ses commentaires dans son édition du 1er octobre. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi réagit à la déclaration du premier ministre italien, Silvio Berlusconi, qui a affirmé la semaine dernière que l’Occident était supérieur à l’islam.
«Durant des siècles, la culture de l’islam a été supérieure aux autres formes socioculturelles, y compris chrétiennes. A d’autres moments de l’histoire, c’est le christianisme qui a eu la suprématie. C’est pourquoi il est difficile de parler de supériorité absolue d’une culture sur l’autre», affirme le cardinal Ratzinger.
Pour le prélat, le thème «est très complexe» et ne doit donc pas être abordé en termes de supériorité. «La civilisation islamique a été supérieure dans tant de domaines dans les premiers siècles», explique-t-il, ajoutant que ces formes culturelles sont encore aujourd’hui présentes dans les mathématiques, la médecine, les sciences, l’architecture et l’art occidentaux.
En revanche, continue le cardinal, «la culture islamique a rencontré des formes de décadence durant le second millénaire, alors que la culture occidentale grandissait». «Il est ainsi difficile, aujourd’hui, de parler de primauté entre des formes socioculturelles différentes», conclut le cardinal Ratzinger. (apic/imed/mk)



