Présentation du dernier ouvrage du cardinal allemand
Rome: Le cardinal Ratzinger pour la cohabitation entre l’unité et la multiplicité qu’est l’Eglise
Rome, 4 février 2004 (Apic) Le cardinal Joseph Ratzinger présente son dernier livre «La communion dans l’Eglise, publié en italien aux éditions Saint-Paul, au cours d’un entretien accordé à l’hebdomadaire «Famiglia Cristiana». Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi y souligne qu’il faut favoriser la cohabitation entre l’unité et la multiplicité qu’est l’Eglise catholique.
Pour le cardinal Ratzinger, la curie romaine a pour rôle de «traduire la diversité en réalité polyphonique dans laquelle cohabite l’unité et la multiplicité». «Il ne s’agit pas simplement de cultiver des rapports corrects entre la curie et les Eglises locales, dit-il, mais aussi et surtout de favoriser l’unité et la multiplicité qu’est l’Eglise».
L’Eglise ajoute-t-il, est un fait théologique, non sociologique. «Celui qui transforme le concept de communion en concept purement sociologique fait une erreur».
Concernant le rapport entre Rome et les Eglises locales, le cardinal a affirmé que «le soin apporté à l’unité ne doit pas éteindre les charismes des Eglises locales». Le service central de la curie romaine, estime-t-il, ne devrait pas s’occuper de ce qui peut être mieux traité dans l’Eglise locale, et d’un autre côté, les Eglises locales «ne devraient pas vivre de manière autonome, mais tendre à enrichir l’unité, parce que le Christ est un».
Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a reconnu «être heureux» lorsqu’un évêque ou une conférence épiscopale «affronte elle- même» les problèmes liés à la non orthodoxie des positions de certains théologiens, mais il a fait remarquer que «souvent, ils nous disent que ces questions dépassent les limites de l’Eglise locale, entrent dans le débat de l’Eglise universelle, et souhaitent que nous les aidions».
Par ailleurs, le cardinal Ratzinger fait part des difficultés spécifiques aux grandes Conférences épiscopales – celles par exemple «qui comportent parfois plus de 200 évêques» – et où «franchement, un échange approfondi sur les questions débattues est impossible». «Le risque existe que les discussions et les solutions soient guidées par la bureaucratie». Dans le cas des grandes Conférences épiscopales, assure-t-il, mieux vaudrait donc «limiter le débat à quelques questions particulièrement importantes et décentraliser le reste à chacune des Eglises locales».
Des regrets
Il aborde en outre le sujet des assemblées synodales et regrette «une méthode un peu trop ritualisée» qui ne permet pas «une véritable discussion entre les évêques participants». Il faut préserver la rapidité des travaux, mais isoler des espaces pour une réelle et féconde discussion, relève le cardinal.
Dans son tour d’horizon, le cardinal allemand critique aussi une tendance à transformer la liturgie en un simple instrument de communication qui devient alors aussi «un spectacle, un show, réduisant à bien peu de choses cette grande oeuvre d’art qu’est la liturgie lorsqu’elle est bien célébrée avec une participation intérieure».
Au cours des vingt dernières années, a-t-il souligné, la pratique dominicale s’est réduite de 70% en Allemagne. Les fidèles ne se sentent plus impliqués dans des célébrations «créatives» qui ne leur disent rien. Trop souvent, déplore-t-il, on traite la liturgie comme une chose dont on a pu disposer librement, comme si elle était notre propriété exclusive. «Mais de cette manière, on finit par la corrompre».
La décision appartient au pape
En parallèle de cette interview sur le thème de la communion, le cardinal âgé de 76 ans est interrogé sur les rumeurs concernant son éventuelle démission. Il y répond brièvement avoir «présenté plusieurs fois sa démission au pape. La décision lui appartient».
Concernant Jean Paul II, le cardinal Ratzinger affirme que «son état de santé s’est amélioré depuis Noël». Sur l’élection à vie du pape, il précis: «A l’avenir, avec le prolongement de l’âge, il lui semblait possible que l’on pense à de nouvelles normes, mais que cette question ne lui semblait pas d’actualité». Pour lui, «la paternité du pape va au-delà de sa fonction» (apic/imedia/pr)



