Et interroge sur la liberté religieuse en Russie et en Chine

Rome: Le cardinal Sodano rejette à son tour l’idée d’un Pacs en Italie

Rome, 21 septembre 2005 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano a pris à son tour position sur la question du Pacs à l’italienne et évoqué la liberté religieuse en Russie et en Chine dans une interview publiée mercredi par le quotidien italien «La Repubblica». Le cardinal secrétaire d’Etat du Saint- Siège était interrogé en marge d’une conférence tenue la veille à l’université de théologie de Lugano (Suisse) sur «les droits et la liberté religieuse».

«Le modèle de famille dont on parle, les couples de fait, n’est pas le nôtre: ce sont un homme et une femme qui se marient, selon la doctrine chrétienne de l’Eglise», a déclaré le cardinal Sodano. «Il s’agit d’une valeur qui existait déjà avant le Christ», a encore précisé le «numéro deux» du Vatican en intervenant dans le débat qui agite l’Italie autour du Pacs (Pacte civil de solidarité) depuis la prise de position favorable du chef de l’opposition italienne, Romano Prodi, le 12 septembre dernier.

«Comme cardinal et comme secrétaire d’Etat, je dois toujours rappeler et prêcher le modèle familial de la doctrine de l’Eglise, du Concile Vatican II, du magistère des souverains pontifes et du catéchisme universel», a-t-il expliqué. Le cardinal secrétaire d’Etat a affirmé que «parler d’unions en dehors du mariage ne signifie pas parler de droits, mais de certaines aspirations que des personnes pourront résoudre si elles le désirent avec des contrats individuels», avant d’ajouter ne pas croire «que l’Etat puise en arriver là».

Le cardinal Sodano a encore affirmé que «les désirs et les aspirations ne sont pas toujours des droits», et que, si «dans la vie, les gens ont beaucoup d’aspirations, soutenir que ce sont des droits est une autre chose». Pourtant, il ne s’est pas opposé à la tenue d’un référendum sur la question du Pacs.

Les limites de l’Etat

Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège s’est aussi exprimé sur la question de la liberté religieuse, évoquant particulièrement les cas russe et chinois. «L’Eglise fait beaucoup pour la liberté religieuse», a-t-il soutenu, avant d’affirmer qu’elle fera «toujours plus» car il s’agit de «la clef pour résoudre de nombreux conflits, surtout dans le monde islamique mais aussi en Europe orientale, où des dissensions existent parfois entre catholiques et orthodoxes».

«Il est vital de respecter la liberté religieuse de chacun, la liberté de vivre sa propre foi», a ainsi confié le cardinal diplomate. Et de citer en «exemple» le fait que «si, à Moscou, un chrétien veut vivre sa propre foi en adhérant à l’Eglise catholique, en union avec les catholiques du monde entier, l’Etat n’a pas le droit d’interférer». «C’est pareil en Chine, a conclu le cardinal Angelo Sodano, où l’Etat n’a pas le droit de décider comment un croyant doit vivre sa foi».

Les propos du cardinal secrétaire d’Etat du Saint-Siège interviennent alors que les relations entre Rome et Moscou restent délicates du fait des accusations du patriarcat orthodoxe concernant ce qu’il qualifie de prosélytisme de l’Eglise catholique et des difficultés liées au récent transfert de Lviv à Kiev du siège de l’Eglise greco-catholique d’Ukraine. Sur le front chinois, le Saint-Siège reste dans l’attente de savoir si Pékin autorisera la venue à Rome pour le synode sur l’Eucharistie, du 2 au 23 octobre prochains, de quatre évêques de Chine populaire invités par Benoît XVI. (apic/imedia/ami/pr)

21 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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