Rome: Le cardinal Turcotte indifférent aux «élucubrations» sur la démission du pape
Nous ne discutons pas de ces questions entre cardinaux
Rome, 1er mars 2005 (Apic) Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, était ces derniers jours à Rome pour participer à l’assemblée plénière du Conseil pour les communications sociales, dont il est membre. Il a donné sa vision d’un pape affaibli.
Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, était présent à Rome à l’occasion de l’assemblée plénière du Conseil pour les communications sociales, dont il est membre. Interrogé par l’Apic à Rome sur l’avenir papal, il a déclaré que la question de la démission et de la succession du pape le laissent «totalement indifférent». Pour moi, a-t-il répondu, «le pape est un second père. Quand mon propre père était malade, je ne me demandais pas à qui il allait laisser l’héritage, qui allait prendre ses responsabilités». Si le pape ne peut pas être aussi actif qu’il l’a été, «ce n’est pas un dommage terrible», lance-t-il. Il sait aussi déléguer des tâches aux autres.
Malgré ce que les gens pensent, le pape est très présent, affirme-t-il. «J’en veux pour preuve le texte sur l’Eglise et les médias qui vient d’être signé par lui, lu au début de l’Assemblée plénière du Conseil pour les communications sociales. Il ne l’a peut-être pas composé, mais il l’a voulu». Paul VI a été malade avant de laisser son poste, rappelle-t-il, Pie XII aussi, «et à ce moment-là il y avait beaucoup moins d’énervements dans les médias».
A propos de la passation de pouvoir dans l’Eglise, le cardinal Turcotte déclare: «nous n’avons jamais discuté de ces questions avec d’autres cardinaux. La succession, nous la prendrons quand viendra le temps. A ce moment-là, nous aurons dix ou vingt jours durant lesquels nous nous réunirons quotidiennement afin de discuter du futur pape, des qualités qu’il lui faudra»
Retrouver le sens de l’Eucharistie
Parmi les défis pour le troisième millénaire et qui sont, dit-il, différents d’un continent à l’autre, le cardinal cite l’Eucharistie, «un peu en perte de vitesse en Occident». Beaucoup de personnes ont pris leur distance, continue-t-il, «oubliant qu’elle est au coeur de l’Eglise».
Sur le futur pape, le cardinal fait confiance au consistoire. «En 2000, le pape a réuni un consistoire de tous les cardinaux. Pendant trois jours, nous avons pu écouter nos confrères, nous exprimer devant eux et devant le pape. C’est rassurant de voir de ces hommes de Dieu, qui ont aussi des personnalités très fortes. C’est à eux que l’esprit saint viendra inspirer le nom de celui qui devra succéder au pape». Pour Jean Paul II, que personne n’attendait rappelle-t-il, «qui avait prévu son élection ?» Il succédait à Paul VI, un homme très connu, poursuit-il, entré pape et sorti pape, contrairement à l’adage romain (’qui entre pape au conclave ressort cardinal’). «Pour Pie XII, cela a été un peu la même chose».
Le nouveau pape devrait être un homme de prière, «un homme qui continue à remettre l’accent sur le Christ, parce qu’il faut réévangéliser notre monde, en tous cas l’Europe et l’Amérique». Est-ce qu’il pourra parler 25 ou 30 langues, est-ce qu’il sera aussi médiatique que Jean Paul II, s’exclame-t-il. «Ce qui est important, c’est que ce soit l’homme que Dieu choisira». (apic/ar/vb)



